Reporters sans frontières appelle l'algérie à libérer un journaliste emprisonné depuis le 5 juin

5437685854_d630fceaff_b-
658
Partager :

Reporters sans frontières (RSF) a appelé la justice algérienne à libérer Saïd Chitour, fixeur et collaborateur de médias anglophones dont la BBC et le Washington Post, emprisonné depuis le 5 juin à Alger.



Dans un communiqué, RSF s’inquiète des conditions de détention difficiles de Chitour qui est diabétique, notant que sa détention préventive est injustifiée et son prolongement depuis plus d'un mois est excessif.

Said Chitour a été arrêté le 5 juin 2017 à l’aéroport international d’Alger par les services de renseignements et présenté directement au tribunal de Dar Al Beïda qui l’a placé sous mandat de dépôt, rappelle la même source, notant que ce collaborateur de médias, très connu à Alger, est accusé d’avoir remis des documents confidentiels à des diplomates étrangers. 

Il est poursuivi en vertu de l'article 65 du Code pénal qui prévoit la "réclusion perpétuelle pour quiconque, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale". 

"Chaque personne étant présumée innocente, la détention préventive de Chitour est excessive puisque l’utilisation de cette mesure devrait être exceptionnelle, et doit être justifiée par des éléments du dossier clairement énoncés, comme le risque de fuite ou de trouble à l'ordre public, qui ne sont pas réunis ici", souligne, le communiqué, précisant qu’ elle ne saurait en outre se prolonger indéfiniment sans qu'une date ne soit fixée pour le procès.

"Quand le provisoire se prolonge sans motifs, sans date de procès, la détention devient arbitraire, et le principe de la présomption d'innocence est bafoué", déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF, cité par le communiqué, relevant que dans l’attente d’un procès équitable, Said Chitour doit être libéré sans délai, d’autant plus qu’il souffre de problèmes de santé.