« Je suis une p… , je vais en boîte »

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« Je suis une pute, je vais en boîte ». Le hashtag a fait son apparition sur la Toile dès le 2 janvier. Des centaines d’internautes révoltés l’ont partagé pour dire tout leur dégoût de ces commentaires qui condamnaient les victimes marocaines de l’attentat d’Istanbul. Parce qu’elles sont femmes et parce qu’elles étaient en boîte de nuit.

Deux jeunes femmes marocaines ont perdu la vie dans ce terrible attentat commis dans la nuit du 31 décembre. Elles étaient venues faire la fête et accueillir l’année nouvelle dans une célèbre boîte de nuit d’Istanbul, « Reina », un lieu branché où il fait bon s’amuser.  Un terroriste les a froidement assassinées. Tragique décompte,  ces deux Marocaines font partie des 39 victimes décédées  et qui ne vivront que la toute première heure de 2017. Quatre autres marocaines ont été blessées. Chez nous, des réactions nauséabondes ont surgi sur les réseaux sociaux. On ne condamne pas le terroriste qui a mitraillé l’assistance et n’a pas hésité, selon les témoignages des rescapés, à achever les personnes blessées gisant à terre. On ne condamne pas Daech qui dans cette nuit stambouliote a semé le chaos. Non, ce sont ces jeunes femmes marocaines qui sont clouées au pilori. Des putes qui méritent de mourir. Elles sont mortes en boîte de nuit. Elles ont reçu le châtiment qu’elles méritaient.  Et si des Marocains de sexe masculin faisaient partie des victimes de l’attentat perpétré dans cette boite de nuit, auraient-ils eu droit, eux, à ce torrent d’insultes.  

Non Messieurs les moralisateurs de mauvais aloi, ces femmes ne méritaient pas de mourir. Elles ne méritaient pas d’être arrachées à l’affection des leurs parce qu’un terroriste ayant fait allégeance à l’E I en  a décidé ainsi. Ces jeunes femmes, réveillonnant sur les bords du Bosphore, étaient censées vivre la première nuit de 2017 de manière magique et festive. La tragédie n’était pas au programme. Elles ont été fauchées. Elles avaient des rêves, des ambitions, probablement  une  folle envie de réussir tout en riant à la vie. Le rêve est devenu cauchemar et la vie, leur vie, s’est arrêtée. Personne, non personne, ne doit mourir sous les balles  d’un terroriste et la ceinture explosive d’un kamikaze. 

Comme toutes les victimes des attentats terroristes, les Marocaines décédées ou blessées se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.  Cela ne fait d’elles ni des putes ni des débauchées, mais des victimes à qui nous devons toute notre compassion.