La mauvaise herbe

2282
Partager :

Le groupe Le Matin a organisé le 22 juillet 2016 une rencontre internationale sur la vision du roi Mohammed VI pour le Co-développement. Plusieurs personnalités politiques, chercheurs et universitaires de différents horizons ont apporté une contribution croisée sur la politique du souverain depuis son accession au trône.

Comme partout et en pareilles occasion, des intervenants n’ont pas pu s’empêcher de faire de l’hagiographie au point de rendre leur interventions inaudibles si ce n’est contre-productives.

Fort heureusement, d’autres, les plus nombreux, au panel d’ouverture ont su décliner des analyses nourries et approfondies pour cette politique de co-développement voulue par Mohammed VI et qui est en train de donner ses fruits.

Youssef Amrani, chargé de mission au cabinet royal, Cheikh Tidiane Gadio, président de l’institut panafricaine de stratégie et ancien ministre des affaires étrangères du Sénégal, Paulo Portas ancien vice premier ministre du Portugal qui a également occupé les postes des Affaires étrangères et de la défense furent de ceux-là.

Il serait fastidieux et prétentieux de chercher à rendre compte ici de ces longs et riches échanges d’une longue journée. J’espère  – et je n’en doute pas d’ailleurs – que le groupe Le Matin regroupera l’essentiel de ces communications dans un ouvrage.

J’aimerais toutefois m’arrêter sur un témoignage de Miguel Angel Moratinos, ancien ministre espagnol des Affaires étrangères. Moratinos connait bien le Maroc pour y avoir occupé le poste de conseiller politique à l’ambassade d’Espagne pendant quelques années. Pour son intervention, il n’avait pas besoin de papier. Il a fait une analyse juste et truffée d’anecdotes.

Parlant du souverain au début de son règne, Moratinos a indiqué que des proches du roi lui avaient rapporté une déclaration selon laquelle Mohammed VI aurait dit : Mon père a placé le Maroc un peu partout dans le monde, ma mission consistera à le placer dans le cœur des Marocains.

Moratinos a eu l’honnêteté de préciser qu’il n’avait pu en vérifier l’authenticité, mais la déclaration revêt de la vraisemblance. A son accession au trône, Mohammed VI qui, prince héritier avait pris la mesure des souffrances sociales des Marocains et lancé les campagnes de solidarité, avait conscience d’une certaine défection chez eux à l’égard de leur pays. Des pratiques délictueuses qui se déployaient dans l’impunité attisaient le ressentiment et les rancœurs. Il fallait y mettre fin, mais on ne se débarrasse pas facilement de la mauvaise herbe.