Al Houceima : Ce que la justice ne dit pas

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Hicham Bellaoui, magistrat attaché au ministère de la justice, a fait jeudi sur la chaine Al Oula une longue déclaration dans laquelle il explique les conditions de poursuite et de détention des personnes arrêtées dans le cadre du mouvement politico-social qui agite la ville d’Al Houceima ( http://www.quid.ma/a-la-une/al-houceima-:-l%E2%80%99ere-des-enlevements-est-revolue).

Il a estimé « normal que la Brigade nationale de la police judiciaire procède au transfert de ces détenus vers son siège à Casablanca afin de compléter les investigations […] ». Ce que nul ne peut contester puisque les compétences territoriales de la BNPJ sont fixées par la loi et connues de tous.

De la même manière qu’il n’y a rien à redire lorsqu’il sous entend que l’ère des enlèvements est révolue.

Il est toutefois imprécis et quelque peu à coté de la plaque lorsqu’il souligne que  « l’hypothèse des enlèvements est une pure allégation instrumentalisée par certaines parties dans une tentative d'influencer le cours de l'enquête. »

S’il a raison de qualifier cette hypothèse d’allégation, sous entendu sans fondement, le magistrat se trompe de lecture quand il l’explique par une volonté « d’influencer le cours de l’enquête ».

Fortement connoté par les années de plomb et donc historiquement chargé, le terme « enlèvements » est utilisé à dessein : ternir l’image du Maroc en le renvoyant aux années de plomb (années 60/70) où ceux-ci étaient monnaie courante et jeter avant même que les enquêtes ne se terminent et que les procès ne commencent, la suspicion sur toutes les procédures engagés.