Apaisement et fermeté

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Dans le discours du Trône, faut-il s’arrêter sur le code vestimentaire du Roi pour en comprendre la portée au-delà des mots ? Autant que je me souvienne, c’est la première fois que Mohammed VI porte pour pareille occasion le turban orné de l’écusson des Forces Armées Royales, réservé d’habitude à des cérémonies militaires.

Certes, cette fois-ci le turban est de couleur noir, généralement il tire vers un beige-kaki militaire. J’en attribue la raison à la nécessité, c’est déjà arrivé, de l’assortir au costume sombre. Mais peut-être aussi suis-je dans un tripe d’élucubrations où je cherche du sens là où il n’y en n’a pas. Toujours est-il.

Toujours est-il que le discours du Trône comporte deux chapitres, pas plus : Une tirade sur la sécurité et la stabilité qui exprime la certitude royale que les Marocains, dont il est, ne permettront à personne d’y attenter. Et un agenda social clair, hiérarchisé et articulé par un échéancier précis. D’après mes informations, le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani est heureux d’avoir entre les mains une feuille de route sans ambigüité aucune. Il ne reste, donc, plus au gouvernement que de s’y atteler.

Il n’est pas question de ressasser les lignes d’un discours qui ne comprend pas d’entre-les-lignes. Outre le réaménagement social qu’exige le pays, le message du souverain est une invitation à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain : Des choses ont été faites, d’autres restent à faire. Elles se feront dans les temps nécessaires à leur réalisation.

Mais rien ne pourrait se faire dans l’agitation,  sans l’apaisement dont a besoin le Maroc et la sérénité impérative à la quiétude  qu’exigent la société et son développement. « Les Marocains ont conscience, a dit le Roi, que c’est la Nation, aussi bien que les citoyens qui payent toujours le plus lourd tribut au chaos et la discorde. »

Pour ceux qui n’en seraient pas convaincus, il leur suffirait de voir que là où règne le désordre, ce ne sont pas les oligarchies et les nantis qui payent le prix du sang de l’instabilité ou alimentent les flots de la fuite et de la migration, mais bel et bien (moche et mauvais), les va-nu-pieds et les démunis.