Bruits de bottes

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Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ex-ministre français des Affaires étrangères sous la présidence de Jacques Chirac s’est retrouvé à la fin du mois de mars à Alger pour une conférence à l’Ecole supérieure algérienne des affaires en présence de ministres algériens et des membres du FCE, association patronale.

Avec toute la bonne foi du monde, l’ancien hôte de Matignon, a appelé dans sa conférence «au retour de la parole algérienne sur la scène internationale». Par ce constat de bon sens que beaucoup de monde partage, Dominique de Villepin relève, sans le dire, que la diplomatie  algérienne a beaucoup perdu de son aura d’avant les années quatre-vingt-dix et n’est plus aussi audible qu’autrefois.

Ce qui n’est pas pour réjouir, il faut le comprendre, le pouvoir algérien et sa presse. A leurs yeux, c’est largement suffisant pour y voir la main du Maroc qui en aurait fait son lobbyiste.

Pourtant, cette vérité d’une diplomatie à la traine qu’Alger essaye vainement de cacher aux Algériens, qui essaye mais peine à reprendre du souffle et du tonus, est elle-même en partie responsable de sa fuite permanente en avant qui fait résonner dans la région les bruits de bottes de l’aventurisme le plus dangereux.  

La sixième conférence internationale sur « le droit des peuples à la résistance : cas du Sahara occidental », illustre parfaitement ce désarroi.

D’abord par sa forme qui emprunte ses techniques aux archaïsmes  des années soixante /soixante-dix quand les déjantés des mouvements révolutionnaires dont les meilleurs ont accouché de d’Etats monstres, se retrouvaient pour refaire le monde.

Ensuite par la pauvreté de la faune qui a pris part à cette conférence. Si pauvre qu’elle n’a rien trouvé de mieux à exhiber telle une misse, pour attaquer le Maroc, qu’un certain Zwelivelile Mandela dont la seule « légitimité » est d’être le petit fils du glorieux Nelson Mandela.

On croit ce qu’on veut, on s’amuse comme on peut et tout cela prêterait à rire si la perpétuation du pouvoir des dinosaures galonnés ne portait en lui les ingrédients d’une déflagration régionale aux conséquences incalculables.