Chabat, une descente aux enfers sans précédent

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Au lendemain des législatives du 7 octobre, j’ai fait un rêve éveillé d’un Hamid Chabat présentant sa démission du secrétariat général de l’Istiqlal qu’il a lamentablement assumé.

Ayant raté ses alliances, perdu Fès son fief et mené piteusement son parti à un échec pitoyable aux législatives, la retraite anticipée était la meilleure voie pour sortir par le haut. Mais l’homme, le fils du peuple, l’ancien réparateur de vélos qui a eu le culot de prendre d’assaut la citadelle Istiqlal, de renvoyer chez elle une aristocratie politique rentière et népotique, n’a pas eu ce panache. Pour cela il fallait un peu de culture.

Malheureusement, lui ne percevait la politique, ne l’exercerait que comme une série de manœuvres, une spirale de surenchères qui puise ses mots dans le caniveau du discours et de l’excès sans jamais se rendre compte que tout ce qui est excessif est insignifiant. Mais peut-on lui reprocher de n’avoir jamais eu vent de l’existence de Talleyrand.

Dans son article, La parenthèse Chabat, Brahim Anfal fait une analyse pertinente du parcours et des gaffes de celui qui est encore, mais pour combien de temps, secrétaire général de l’Istiqlal.

Je n’ai donc rien à y ajouter si ce n’est que cette descente aux enfers de Hamid Chabat est sans précédent.

Sévèrement recadré par le ministère des Affaires étrangères, autrement dit par les plus hautes instances du Royaume, lâché par le chef du gouvernement qui semblait pourtant y tenir comme la prunelle de ses yeux, décrié par nombres de ses compagnons au parti, il a réussi le tour de force de faire sortir de leur retraite et de leur réserve le patriarche, dauphin de Allal El Fassi, M’hamed Boucetta, qui a régné sur le parti pendant 24 ans et Abbas El Fassi, son prédécesseur à la tête de l’Istiqlal dont la gestion a beaucoup facilité ce que l’on peut désormais appeler le holdup chabatien.

Le communiqué que les deux anciens leaders ont piloté pour mettre Chabat au ban de la société est accompagné d’une longue liste de cosignataires sur la qualité desquels on n’a pas été très regardant, n’hésitant pas à mélanger les torchons aux serviettes. Mais ça c’est une autre longue histoire.