De Bamako à Rabat

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Pour son discours à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche Verte, le Roi Mohammed VI à pris son monde à contre-pied. C’est qu’après avoir désespéré de l’Algérie, le souverain nous a habitués à un ton ferme qui ne laissait pas beaucoup de place à la manœuvre.

Ce n’est pas la première fois que le Maroc pratique en direction de l’Algérie la politique de la main tendue dans l’espoir qu’une dynamique bilatérale positive offre une ambiance propice au dépassement des conflits et litiges.

La reprise de relations diplomatiques entre les deux pays en 1988 qui est passé par la case fondation de l’UMA n’a débouché sur rien si ce n’est sur la fermeture des frontières.

Dès son avènement en 1999, le Roi Mohammed VI s’est lancé dans une diplomatie de la conciliation, qui a culminé en 2005 avec sa visite à Alger, convaincu même à un moment tenir le bon bout avant de déchanter.

Qu’à cela ne tienne. Rabat reviendra à la charge avec un appel à répétition à l’ouverture des frontières. Alger y a répondu avec beaucoup de morgue et de conditionnalité, laissant l’impression de ne voir dans l’attitude du Maroc qu’un « aveu de faiblesse ».

Il faut espérer que cette fois-ci l’approche marocaine sera mieux appréhendée et la réaction algérienne plus constructive.

Dans son discours, Mohammed VI a réaffirmé les constantes du royaume, qu’il s’agisse de son rapport à l’Union africaine ou du Sahara, sachant que par sa proposition d’autonomie, Rabat avait déjà fait le nécessaire pour qu’une solution politique mutuellement acceptable ait toutes ses chances.

Il faut noter également que la nouvelle donne mise sur la table par le souverain, participe de l’actuel esprit des Nations unies qui insiste de plus en plus sur la coopération intense et à tous les niveaux dans la sous région pour que de Bamako à Rabat, et de Tripoli à Tanger, le maitre mot soit la paix et la stabilité.