Genève, pour rire ?

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Genève, où se sont rencontrés Mauritaniens, Marocains et Algépolisariens, c’est la fin d’une époque, le début probablement d’un autre. Celle où l’exclusivisme hérité de l’ère soviétique permettait l’exclusion des représentants démocratiquement élus des populations sahraouies de ce genre de rencontres.

A Lisbonne en février 2018 avec Hamdi Ould Rachid, et cette semaine à Genève avec celui-ci, Ynja Khatat et Fatima Adli, c’est un mythe qui est tombé.

La chute d’une autre mystification lui a emboité le pas. Celle d’une Algérie samaritaine qui soutient gracieusement le peuple sahraoui dans son combat et ainsi de suite jusqu’à la fin de la fable.

Autour de la table, ronde, rectangulaire ou carré, peu importe, à des degrés différents, il n’y a que des intérêts, les uns plus légitimes que les autres. Il faut en parler, franchement et sincèrement. De bonne foi, pour reprendre l’expression de la résolution 2440 du conseil de sécurité. Résolution qui a aussi le mérite de bien cadrer la table ronde et ce qui devrait s’ensuivre.

A la clôture du rendez-vous, le représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU, Hurst Köhler, s’est montré optimiste : La solution pacifique du conflit est possible. Traduisez, c’est un bon début.

Même son de cloche du côté de Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères. Pour lui, les discussions se sont déroulées dans une ambiance sereine. Celle-ci ne saurait toutefois suffire pour aboutir à une solution politique, pragmatique, réaliste et durable.

De là à dire que le Maroc n’est pas prêt à s’inscrire dans des discussions stériles qui feraient perdre à la communauté internationale son temps, il n’y a qu’un pas que Rabat a franchi allègrement. Manière élégante pour Nasser Bourita de signifier à son homologue algérien, Abdelkader Messahel, que, contrairement à lui, il n’est pas là pour « rigoler un coup ».