Istiqlal : L’opposition participative

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Une sortie remarquée, faute d’être remarquable, que celle effectuée mercredi 7 mars par le nouveau secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, au Forum de la MAP.

A quelques semaines du premier conseil national du parti depuis l’élection des nouvelles instances, le petit fils de Allal El fassi, l’un des principaux fondateurs de l’Istiqlal, a décliné sa vision du Maroc d’aujourd’hui et de demain à l’aune, comme c’est désormais la tradition, du « nouveau modèle de développement » pour le Maroc.

Nizar Baraka a été assez clair en pointant du doigt les failles du Maroc, mais ce qui a surtout retenu l’attention c’est d’avoir positionné son parti dans le soutien critique, ce qui laisse bien seul le PAM dans l’opposition. Mais il n’est pas dit que la vocation de l’Istiqlal est de servir de dame de compagnie au parti de, jusqu’à nouvel ordre, Ilyas El Omari.

Ce qui retient l’attention dans la nouvelle approche du chef de file istiqlalien, c’est qu’elle le place aux antipodes de son approche initiale qui situait l’Istiqlal dans une position concurrentielle avec le PJD. Celui-ci ayant phagocyté une bonne partie de la base électorale du plus vieux parti du Maroc, partageant avec lui une bonne part du référentiel religieux et conservateur, il était dans l’ordre naturel des choses que l’après-chabatisme et ses égarements, se décline en un retour aux sources non sans renouvellement des eaux.

Dans l’esprit de Nizar Barka, le soutien critique qui se caractérise curieusement par un non vote des projets au Parlement, est précisément une prise de distance avec son prédécesseur, Hamid Chabat, qui prônait avant son départ un soutien inconditionnel au PJD sans même une participation au gouvernement.

Il faut reconnaitre que l’argument ne tient pas la route tant la scène politique nationale ne supporte plus les ambiguïtés et aspire à la clarté et à la transparence. Les assurances du secrétaire général de l’Istiqlal qui affirme que sa stratégie consiste toujours à contenir le PJD dans ses justes proportions n’y changeront rien. Si bien que ceux qui voient à l’Istiqlal l’émergence d’un appétit gouvernemental auront plus de chances d’être crus.

Sur le papier et en théorie, il appartiendra au prochain conseil national des istiqlaliens de fixer la position de leur parti. D’ici là Nizar Baraka, en parlant de soutien critique, vient d’inventer l’opposition participative. Autrement dit inexistante.