L’animosité comme ressort

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Avec Abdalilah Benkirane les discours passent et se ressemblent. A désespérer qu’un jour il puisse sortir  de ses sentiers battus. Par contre de ses gonds, il est toujours partant. Pas l’once d’une autocritique. Toujours la faute des autres tandis que lui il a été un chef de gouvernement inimitable, ce qui est quelque part vrai, et un leader comme le Maroc n’en a jamais connu.

Devant le congrès de la jeunesse du PJD, il jouait à domicile. Tel qu’en lui-même, il s’en est donné à cœur joie, débridé, intempestif, ricaneur. Et bien sûr contradictoire si ce n’est incohérent.

Faisant feu de tout bois, A. Benkirane a pratiqué le discours de la terre brûlée. Il n’a épargné personne, ni ses amis ni ses adversaires. Avec l’actuel patron de son propre parti, chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, il est à la fois cajoleur et moqueur. A la limite de l’injure.  Son bras de fer avec l’entourage du Roi, autrement dit Fouad Ali-El Himma, se poursuit de plus belle.

Les autres partis en prennent aussi pour leur grade. Driss Lachgar est comparé à un lutteur de sumo, allusion fort déplacée à la charge pondérale du premier secrétaire de l’USFP. Aziz Akhannouch est disqualifié pour sa richesse, raison suffisante à ses yeux pour  lui dénier un droit inaliénable de tout citoyen, celui de faire de la politique. Benkirane qui a certainement reçu la révélation dans une grotte de Hira marocaine, pousse le bouchon encore un peu plus loin en interpelant A. Akhannouch sur la voyante qui lui permet de prédire sa victoire aux législatives de 2021. Sur le même ton, on peut interroger l’ancien chef du gouvernement sur l’archange qui lui inspire l’idée qu’il sera toujours là dans quatre ans.

Bref, l’hiver est froid, mais Abdalilah Benkirane est égale à lui-même, bouillonnant. Et il ne faut pas s’attendre à ce qu’il change, cet homme, qu’il soit dans l’opposition ou dans la majorité, ne sait vivre et respirer que dans l’adversité et l’animosité.