L’Elysée, mais pas encore le pouvoir

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Emmanuel Macron huitième président de la cinquième république française. Le plus jeune de tous les temps. On a presque envie de crier au holdup parfait. Ou à la conjonction astrale sans précédent.

Il suffisait de voir le regard complice empli d’un mélange de fierté et de malice échangé avec celui qui est encore président jusqu’au 14 mai, pour deviner la délectation des deux hommes face au tour qu’ils viennent de jouer à l’histoire politique de la France.

S’il achève son coup en obtenant dans quatre semaines la majorité, son parcours ferait son entrée dans les cours de sciences Po du monde entier.

Emmanuel Macron peut aller maintenant fêter son triomphe à la Brasserie la Rotonde sans que personne n’ait à redire. Mais il a trop à faire pour qu’il puisse sabler le champagne comme Marine Le Pen qui tente de transformer ses presque 34% de voix, ce qui n’est pas rien il faut le dire, en succès.

Le président élu de la France a gagné l’Elysée, mais pas encore le pouvoir. Il a dès aujourd’hui à affronter les législatives qu’il espère remporter grâce à la dynamique présidentielle qui veut que les électeurs donnent au président qu’ils se sont choisis les moyens de gouverner.

Mais rien n’est gagné d’avance. Ni les insoumis de Mélenchon, ni les extrémistes de Le Pen, ni la droite classique menée par François Barouin n’ont l’intention de lui faciliter la tâche ou de lui faire un quelconque cadeau.

Barouin et ses amis désirent le contraindre à la cohabitation, Mélenchon et ses Insoumis, Marine et ses extrémistes veulent se positionner en principale force de l’opposition pour lui mener la vie dure. Avec en vue le prochaine présidentielle.

Et il suffit d’un rien de cynisme politique des Français pour que les urnes des législatives lui fassent un pied de nez et transforment sa victoire du 7 mai en une véritable plaisanterie.