L’Istiqlal à l’heure de l’occupation

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A peine terminée vendredi dernier, la commémoration, dans un semblant de trêve, du 40ème jour du décès de leur ancien leader M’hammed Boucetta, les istiqlaliens ont été rattrapés le lendemain par leurs démons.

La réunion de Samedi qui a regroupé les ligues professionnelles istiqlaliennes et quelques autres organisations parallèles s’est terminée dans le pugilat et la gabegie. La bagarre a opposé pro et anti Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal invité par ses adversaires à quitter son poste à lumière de ses résultats aux législatives d’octobre 2016.

A l’heure où j’écris, lundi 3 avril à 15 h, les opposants de Hamid Chabat occupaient encore les lieux sous la surveillance d’une sécurité privée appelée par les responsables istiqlaliens.

Ce n’est pas la première fois qu’à l’approche du congrès, les différents clans istiqlaliens s’affrontent pour soutenir le patron en place ou lui trouver un successeur. Le congrès extraordinaire de 1997 s’était déroulé sous le regard menaçant des gros bras de l’UGTM. Celui qui a vu l’arrivée de Chabat au secrétariat général s’est même achevé sur une presque scission du courant qui ne voulait rien lâcher, « bilahaouada » mené par le fils du fondateur du parti, Abdelouahed El Fassi.

Ce qui arrive aujourd’hui n’est ni nouveau ni inhabituel. Au congrès de 1989, Hamid Chabat avait même osé le sacrilège de se présenter contre le patriarche M’hammed Boucetta.   

Il n’en reste pas moins que les remous actuels sont plus profonds et traduisent un malaise qui s’est aggravé avec le temps. Un brin de sagesse aurait conduit Chabat qui a cité l’exemplarité dont M’hammed Boucetta a fait preuve en se retirant de la tête du parti après l’échec aux législatives de 1997, à éviter à sa formation cette fièvre s’il avait vraiment pris exemple sur le défunt leader qui a su se retirer à temps pour que l’histoire ne garde de lui, en oubliant tout le reste, que l’image d’un grand chef charismatique.