La fièvre du lendemain

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Les tractations pour la formation d’un nouveau gouvernement battent leur plein. C’est le temps des enchères et les états-majors politiques ont fourbi leurs armes. Abdalilah Benkirane, vainqueur des élections et chef de gouvernement reconduit, se pavane. Pourquoi se priverait-il de ce plaisir que procure l’endorphine que sécrète la victoire.

Les chefs de partis qui n’ont que l’envie d’y aller vont essayer d’obtenir le maximum, de lui compliquer la tâche, sans toutefois lui rendre l’équation impossible.

Derrière les images des audiences des autres formations politiques au siège du PJD, se joue une autre partie, se nouent parfois d’autres drames, plus personnels ceux-là.

On imagine facilement les angoisses, les rêves et les cauchemars de celles et ceux qui s’y voient déjà.

Dans les partis on doit jouer du coude pour se faire une place et c’est à couteaux tirés que les candidats à la ministrabilité discutent. Pour s’en faire une idée, il suffit de voir rétrospectivement comment Driss Lachgar a réduit le mastodonte USFP en champ de ruines pour n’avoir pas été retenu sur la liste des ministrables en 2007.

Facile dès lors de pronostiquer, les négociations en cours laisseront bien des blessures quand elles aboutiront. Les partis qui resteront dans l’opposition n’en seront pas plus malheureux et peut-être que dans les recalés du gouvernement ils pêcheront quelques nouveaux compagnons.

Des fidélités et des loyautés seront mises à l’épreuve, bien des masques vont tomber et on réapprendra qu’en politique l’amitié est éther. Et au train où vont les choses, je n’ai pas l’impression que pour la rénovation du champ politique ce n’est pas demain la veille.