La Justice avec une majuscule

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Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé mercredi 14 février Jawad Bendaoud, accusé d’avoir logé deux des terroristes qui ont ensanglanté la nuit parisienne le soir du 13 novembre 2015 : 130 morts et plus de 400 blessés. Le ministère public avait pourtant requis contre lui 4 ans de prison. Il était jugé pour recel de malfaiteurs terroristes.

Depuis le début, Jawad Bendaoud avait clamé son innocence, arguant qu’il n’a jamais eu connaissance des intentions et des objectifs de Abdelahamid Abaaoud et de son ami Chafik Akrouh. Ce qui ne lui a pas épargné l’emprisonnement et l’isolement depuis novembre 2015. Son profil de délinquant multirécidiviste correspondant à celui des auteurs des attentats ne plaidait pas en sa faveur.

Dans son jugement, le tribunal a considéré qu'il n'avait été prouvé ni dans le dossier d'instruction, ni à l'audience, qu’il a hébergé les deux complices en sachant qu'ils étaient des terroristes du 13-Novembre. Il a ordonné en conséquence sa relaxe.

C’est une surprise !

L’ambiance générale autour du procès, la pression des parties civiles, la présence massive et culpabilisante des victimes et de leurs familles, le branle-bas médiatique, tout concourait pour que le verdict soit à charge.

Il n’en fut rien.

La présidente du tribunal n’a pas frémi, ne tenant compte que des faits. Sans préjuger de l’appel interjeté par le parquet, il n’y a à retenir de ce verdict que la démonstration d’une justice au-dessus de tout.