Le BCIJ énerve Alger

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Une partie de la presse algérienne, toujours les nerfs à fleur de peau dès qu’il s’agit d’une déclaration d’un responsable marocain sur l’Algérie, s’est attaquée cette fois-ci au patron du BCIJ Abdelhak El Khiame, l’un des responsables, au sein de la DGST, de la lutte contre le terrorisme.

Ce qui a provoqué son courroux est une déclaration de ce responsable qui a déploré, dans un entretien avec France 24, l’absence de coopération algérienne dans ce domaine.

Pour reprendre ses termes, M. El Khiame a fait porter la responsabilité de cette absence de coopération à l’administration du pays voisin qu’il a, chemin faisant, exhorté à adopter un autre comportement en se basant sur le bon sens qui veut que l’existence et la persistance des zones de tension favorisent l’implantation des mouvements subversifs et terroristes.

Il n’en fallait pas plus pour qu’on l’accuse de provocation à l’encontre de l’Algérie qui comme chacun sait est un pays de cocagne où tout est bien dans le meilleur des mondes.

Mais on a beau chercher la provocation dans les propos du patron du BCIJ, on ne la trouve que dans la susceptibilité d’Alger prompt à tirer sur tout ce qui bouge.

L’oligarchie militaire algérienne est construite de manière qu’elle ne se verra jamais source de problèmes mais toujours mines de solutions. Si ça la rassure pourquoi pas, alors qu’elle a d’énormes difficultés à contrôler l’ensemble de son territoire.

Avec moins d’obsession pour le Maroc, elle aurait entendu que Abdelhak El Khiame a indiqué que cent miliciens du Polisario ont rejoint les rangs de Daech, en même temps qu’il soulignait que le nombre de Marocains qui se sont engagés aux cotés de la même organisation était de 1600 jihadistes.

Ramenés à la population des camps de Tindouf, les jihadistes du Polisario représentent 0,16% de cette population contre 0,004% pour le Maroc et les Marocains.

Mais là n’est pas le problème. Il n’est un secret pour personne qu’entre Rabat et Alger ce n’est pas la lune de miel depuis bien longtemps et que cette situation impacte forcément tous les secteurs de la coopération, y compris sécuritaire qui a, par moment, échappé au froid qui imprègne les relations entre les deux pays. Mais cette positive-attitude n’a été et n’est possible que quand la sagesse prévaut et l’intérêt mutuel bien compris. Abdelhak El khiame n’a rien voulu dire d’autre.