Le charme incertain du foot

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Aucune science n’est exacte. Une lapalissade. Que dire alors du football qui est une littérature imprévisible. Deux personnes bloquées dans leurs bois et vingt autres qui courent derrière un ballon. Et quand ils ont la cote ou que la compétition en vaut la peine, quelques milliers dans les tribunes, on va dire de 10 à 80, qui jactent, jubilent ou vocifèrent. Et à la fin des heureux et des désespérés. Depuis un bon bout de temps les Marocains se sont abonnés à cette dernière catégorie. 

Sur le papier, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Essayez d’expliquer ce qui vient de se passer en Égypte. Le Maroc s’est qualifié aux 8ème en battant toutes les équipes qu’il a affrontées. D’un petit but, mais il les a gagnées, y compris l’Afrique du Sud qu’il n’a jamais battue de son histoire. L’Afrique du Sud s’est qualifiée pour avoir été péniblement meilleure troisième. Le Maroc, largement premier de son groupe, s’est heurté au Bénin dont il disait qu’il fallait s’en méfier mais dont il ne s’est pas suffisamment méfié. Éliminé. L’Afrique du Sud sort le pays hote qu’on disait un habitué du trophée. C’est là qu’on comprend que 1 + 1 ne font pas forcément 2. 

On dira que c’est ça le charme du foot, c’est avec cette magie de l’incertitude qu’il envoute les foules. C’est par l’inconstance de ses issues qu’il dispense à profusion l’adrénaline, fait battre les cœurs, et parfois terrasse les cardiopathes. Voir l’équipe nationale perdre et mourir.

Mais quand la défaite devient la règle et lavictoire l’exception, l’adrénaline tant quêtée devient toxique, contreproductive, alimente la détestation de soi et nourrit les frustrations qui à leur tour vont exploser ou s’exploser ailleurs.  Vendredi dernier, au sortir des cafés, ils tiraient des gueules à fondre les cœurs. Ce soir, le soleil s’est couché sur une tristesse généralisée. 

Deux ou trois baux que le onze dit national transforme les rêves en cauchemars, même si les footeux nationaux veulent à chaque fois y croire : cette fois nous tenons le bon bout, cette fois sera la bonne, puis un petit tour et s’en vont. Et ce n’est pas faute d’avoir tenté. On a tout essayé, les entraineurs, les joueurs, les présidents de fédération, un général très haut gradé, un fassi bien de chez Moulay Driss et maintenant un berkani directeur du budget qui en matière de modestie il ne craint personne, rien n’y fait. 

C’est que le problème doit être ailleurs, forcément ailleurs. En attendant de le trouver, si on le trouve, lisez ou relisez ceci : Réformer par la loi.