Le clair obscur de Moulay Hafid

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Moulay Hafid Alami, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’économie numérique ne boude pas la coquetterie. Cela se voit à l’œil nu, mais mieux encore au microscope. Quand il s’agit de son âge, il ne dit pas qu’il a 58 ans, mais qu’il se rapproche de la soixantaine. Ce qui renvoie à 58 bien sûr et aussi à 55 ou 54, l’éloignant d’autant du fatidique seuil des sexagénaires. Avec son physique d’acteur, il a l’air d’un jeune second qui s’est échappé d’un grand écran où l’on projetait l’Arnaqueur avec un Paul Newman aux yeux d’un bleu indéfinissable.

Parterre d’entrepreneurs, certainement de premier choix, à l’écoute, Moulay H’fid, que je préfère à Moulay Hafid, exhalant l’optimisme à tout crin, se souvient qu’on lui a toujours dit : « sois très prudent, cette année est une année très grave, le Maroc va s’effondrer ». A son grand étonnement simulé, il franchira bientôt le cap des 60 ans, mais le Maroc est toujours là, debout, quelques fêlures, mais l’échine verticale.

Le ministre-entrepreneur qui se « réveille le matin » et constate chaque jour que dieu fait que ses « affaires vont bien » met en garde contre le cercle vicieux de la sinistrose contagieuse. Si le Maroc déjoue à chaque coup les prédictions des Cassandre c’est parce que c’est un pays à part. Il a la particularité d’être « à la fois très développé et très sous développé ».

A la fois très développé et très sous développé !  Trop compliqué pour être simple. Mais avec de l’effort et de la bonne volonté on peut y voir un oxymore, une figure de style qui réunit deux notions en apparence contradictoires, et un paradoxe, faits qui défient  la logique parce qu’ils présentent des aspects antinomiques.

La prouesse de Moulay H’fid est qu’il a réussi au pays des miracles, parce qu’au fond il a raison, une figure à fois oxymorique  et paradoxale. Les dictionnaires la retiendront comme l’oxymore paradoxal.

VIDEO DE L’INTERVENTIO N DE MOULAY HAFID