Le passage obligé

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Recevant avec une grande joie non dissimulée Angela Merkel, Alger a assuré à la chancelière allemande que l’Algérie « récupérera ses enfants en situation irrégulière en Allemagne, qu’il s’agisse de 3.000 ou de 5.000 » personnes.

On sait combien Alger est irascible à l’évocation de l’émigration et on devine combien Angela Merkel en difficulté dans son pays sur ce sujet, serait sensible aux bonnes dispositions algériennes.

Les relations entre les deux pays qui ne sont ni excellentes ni exécrables, mais bonnes, voire très bonnes ne pouvaient que contribuer au succès d’une brève visite qui a permis à la chancelière de constater de visu combien le président Abdelaziz Bouteflika est fin prêt pour un cinquième mandat.

En dehors et à en juger par les commentaires de la presse, la question des immigrés clandestins algériens a été au centre de cette visite, mais Angela Merkel ne pouvait éviter le passage obligé de tout visiteur d’Alger : le Sahara.

La chancelière a franchi l’écueil, publiquement du moins, par la phrase convenue de soutien au processus onusien et aux efforts du représentant personnel du secrétaire général de l’ONU.

Mais rien ne dit que dans l’intimité des entretiens privés, Alger n’a pas, bien au contraire, essayé d’infléchir la position de Berlin pour l’engager dans un soutien sans réserve à ses thèses  pour influencer son concitoyen Horst Köhler chargé par Antonio Guterres de faire avancer le dossier. Auquel cas il se mettrait hors jeu.

Généralement l’Allemagne a une diplomatie cash, ses positions à l’égard des droits de l’homme en Chine en dépit de l’importance des échanges entre les deux pays en témoignent. Si la chancelière avait à s’exprimer autrement sur la question du Sahara, il faut croire qu’elle ne se gênerait pas. Mais rien n’interdit la vigilance.