Le prince vert : Et si c’était les Tunisiens ?

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Ce n’est jamais avec plaisir qu’on apprend l’expulsion d’un ressortissant marocain. A fortiori quand c’est un prince de sang, fut-il dans le speed de Moulay Hicham.

Dès qu’il fut dans un avion à destination de Paris par des policiers tunisiens, l’information a fait le tour des réseaux sociaux, et le señor Ignacio Cembrero, à travers le site algérien TSA, a essayé de nous mettre sur la piste d’une intervention marocaine.

On le sait, le Palais royal a bon dos, mais il faut dire que le prince a l’art et la manière de se mettre pas mal de monde à dos.

Mais la piste royale s’est vite révélée foireuse. Le prince lui-même n’y a pas trop cru. Dès lors il était devenu urgent de lui trouver des pistes de substitution. Quoi de mieux que, à l’exception du Qatar, les monarchies et les émirats du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite où il n’est pas en odeur de sainteté.

La preuve en est qu’il s’était déjà fait expulsé par les Emirat Arabes Unis.

Pour tout vous dire, je n’avais aucune envie d’intervenir sur ce sujet. Mais c’est la sortie du Palais de Carthage, résidence du président Béji Caïd Sebsi, s’étonnant de cette expulsion, quatre jours après, qui m’a intrigué. Un chef d’Etat qui n’est pas au courant de ce que sa police fait, surtout qu’il s’agit d’un prince issu d’une famille royale d’un pays amis, c’est tout de même curieux.

Et si l’affaire n’était que tuniso-tunisienne. Dès le début et dès l’accession des islamistes d’Ennahda au pouvoir, Moulay Hicham a applaudi des deux mains, voyant dans la transition tunisienne « le printemps arabe » le mieux réussi. Il faut bien croire qu’en Tunisie, où il s’était déjà rendu, cette prise de position n’a pas été du goût de tout le monde.

Depuis qu’il a supervisé avec Jimmy Carter les élections dans les territoires palestiniens, qui ont fait le succès de Hamas, qu’il a flirté avec Nadia Yassine d’Al Adl Wa Alihsna, on sait ici qu’il arrive au prince rouge, comme le mouton de l’aïd, de virer de temps en temps au vert. Pas les Tunisiens qui en furent étonné.

Depuis, la situation a changé en Tunisie et à la première occasion, les faucons ont sévi. De là à imaginer une guerre des pouvoirs dans ce pays, il n’y qu’un petit  pas.