Les marges en mouvement

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De plus en plus se sont les marges qui montent au créneau pour porter la contestation et la revendication sociales. Jusqu’au début des années quatre-vingt-dix c’étaient les grandes agglomérations qui, sans préavis, explosaient pour exprimer la colère populaires. Souvent ça durait pas longtemps et ça se terminait mal par des bilans controversés du nombre de décès.

En cause toujours, l’approche ultra sécuritaire qui prédominait dans le traitement de ces soulèvements qui tournaient souvent à la jacquerie.

Depuis, on a assisté à une double évolution. Ainsi avons-nous vu que la contestation n’est plus émeute et s’est déplacé des grands centres vers les petites et moyennes villes périphériques. En même temps, la réaction des forces de l’ordre s’est faite plus patiente et beaucoup moins répressive de telle manière que quand il y a affrontement entre manifestants et agents de l’ordre, on compte plus de blessés chez ceux-ci que chez les premiers.

Les troubles d’Al-Hoceima  en sont l’illustration la plus éloquente. A Jerrada, les contestataires se sont faits moins radicaux et surtout ont tenu à se draper dans les couleurs marocaines et brandi les photos du roi, ce qui soit dit en passant n’a pas été relevé par la chaine française France 24.     

Pour autant il ne faut pas se leurrer ni dormir sur ses lauriers. La multiplication des foyers de tensions sociales sont susceptibles à terme, par des effets d’accumulation, s’avérer plus prompte à l’inflammation aigue et à la généralisation.

Les attiseurs de feu sont aux aguets. On les a vus à l’œuvre à Al Hoceima et on les voit dans le feu de l’action à Jerada. Les plus  visibles sont les hommes d’Al-adl wa Al-ihasn et le conglomérat de gauchistes que l’on rencontre au sein de l’AMDH. D’autres, plus sournois, agissent dans l’ombre ou avancent masqués.