Macron ou la technostructure contre les nations

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Le chef des états-majors français a présenté sa démission. Le président français, l'a humilié publiquement parce qu'il contentait les nouvelles restrictions budgétaires. C'est une erreur que de croire que ce n'est qu'une question d'ego, peut-être surdimensionné.

C'est Jacques Attali qui le raconte, Mitterrand et Kohl avaient décidé de manière très arbitraire que le déficit budgétaire ne devait pas dépasser le seuil des 3%. C'est devenu un dogme. Le cynisme comptable a pris le pouvoir. La France déploie 30 000 hommes sur différents fronts. On les envoie au casse pipe avec à chaque fois moins de moyens. Les fils de banquier ne sont pas soldats.

Mais ce n'est qu'une péripétie. La France des comptables a choisi de raquetter les retraités par l'augmentation de la CSG, d'effilocher le service public, d'asphyxier la proximité en détournant les communes par une mesure confiscatoire, l'annulation de la taxe d'habitation. Tout cela se fait au nom des règles sur les comptes de la nation, éditée par une technostructure au service du grand capital.

La France que nous aimons, celle de l'humanisme de Zola, s'est donné à un comptable cynique. C'est le danger de la démocratie. Entre les sans dents de Hollande et ceux qui ne sont rien pour Macron, il y a une continuité dans le mépris de classe.

Il y a un vrai débat de fond universel qui s'impose : Les nations peuvent elles se réduire à des comptes, les humains à des chiffres et les politiques à de la comptabilité? Sommes-nous condamnés à enrichir les ultras riches pour que dans leur générosité extrême ils créent quelques emplois précaires ? Faut-il vraiment voir dans les acquis sociaux un boulet au lieu d'un rempart contre l'inhumain?

La technostructure a pris le pouvoir partout dans le monde et elle prépare le terrain à la barbarie la plus abjecte. En France il y a 9 millions de pauvres. Chez nous, 8 millions de nos concitoyens vivent sous le seuil de pauvreté. Ailleurs les gens meurent de faim, même en Inde, pays émergent paraît-il. Les technocrates ont partout la même réponse. C'est la croissance qui réglera tous les problèmes, à quel horizon, on n'en sait rien. Mais pour y arriver il faut réduire les dépenses de l'État et le plus simple c'est de rogner sûr les dépenses sociales.

Ce débat aurait pu avoir lieu, au Maroc. En 1996. Lahbib El MAlki et Fathallah Oualalou avaient deux visions différentes, déficit finançable pour El Malki, 3% Maastricht pour Fathallah. Le résultat on le connait, échec absolu dans la lutte contre la pauvreté. La France une grande nation est invitée à humilier ses militaires, au nom de la comptabilité. A méditer.