Madame la colonelle

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Voila encore une affaire d’Etat. Mme Baba Ahmed Fatema Zahra (je ne comprends pas qu’elle place son nom avant son prénom) a une carte de visite qui nous apprend qu’elle est « l’épouse de Mustapha Khalfi, ministre délégué auprès du premier ministre chargé des relations avec le parlement et de la société civile ». Elle aurait pu ajouter porte-parole du gouvernement, mais elle a dû se dire que ça faisait beaucoup pour une seule personne.

Elle est effectivement la mieux placée pour apprécier à leur juste valeur les compétences et capacités de son ministre de mari.

Il a suffi d’un seul envoi pour que le WhatsApp s’embrase. L’affaire est si sérieuse que nos amis et néanmoins confrères du Siteinfo ont contacté Mme l’épouse du ministre pour éviter les problèmes, des fois que l’information serait une fake news.  

Non, Mme l’épouse du ministre a confirmé, arguant qu’elle se servait de son statut matrimonial à des fins diplomatiques, à des moments où, à des réceptions d’ambassade, entre autres, elle devrait servir de force d’appoint à sa dure et chère moitié.

C’est de là sans doute qu’est venu le fameux adage : derrière chaque grand homme il y a une femme. Et sans son épouse, qui pourrait dire ce que serait l’islamiste Mustapha Khalfi ? Un pauvre célibataire auquel la foi interdit toute relation sexuelle en dehors de l’institution du mariage. Un aspect aguichant de l’affaire sur lequel je pourrais longtemps broder, mais je préfère m’abstinencer. 

Mais si de ce « faire prévaloir » on a mijoté toute une harira, c’est parce que quelque part, par mépris, on veut laisser entendre que l’épouse du ministre est une plouc envendrediée. Je me demande pourquoi ?

Il y a bien pas mal, par exemple, de médecins femmes des plus raffinées qui inscrivent sur leurs plaques : Docteur celle-ci et cela épouse celui-ci. Ça ne fait jaser personne.

De toute façon, dans la vie normale, une femme de ministre trouvera toujours le moyen de vous le faire savoir. Linguistiquement parlant, Mme la pharmacienne est l’épouse du pharmacien, Mme l’ambassadrice est celle de l’ambassadeur et Mme la colonelle  la douce moitié d’un officier supérieur qui aspire à devenir général avant qu’il soit rattrapé par la retraite. La ministresse devrait aller de soi.