Notre ami le Secrétaire perpétuel

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Peut-être l’année prochaine assistera-t-on à une partie de Mawazine dans le grand théâtre postmoderne de Rabat en phase d’achèvement au beau milieu du Bouregreg.  

Pour l’instant les rideaux sont tombés sur la 18ème édition. Pendant neuf jours, du 21 au 29 juin 2019, Rabat et son public, d’ici et d’ailleurs, cosmopolites par goûts et par provenances, ont vibré aux rythmes des musiques du Monde.     

Pour sa 18e édition, Mawazine a une nouvelle fois dépassé toutes les prévisions. 

Plus de 2.750.000 festivaliers sont venus cette année célébrer les valeurs du festival et de la musique et suivre les performances de plus de 200 artistes présents à Rabat et à Salé, souligne l'Association Maroc Cultures, organisatrice de cet événement planétaire tenu du 21 au 29 juin.

N°1 mondial récemment décerné par le site de référence Statista, l'un des principaux fournisseurs de données dans le monde, « ouvert à tous [si l’on veut], gratuit [pas toujours et pas partout]], fédérateur [pas nécessairement, il continue à avoir ses détracteurs et pourfendeurs] et porteur de valeurs [sans doute aucun, mais il faut préciser d’ouverture, de cosmopolitisme et de modernité], Mawazine s’est désormais installé comme une tradition indépassable et un rite annuel. 

Chaque année je vis avec le même bonheur la joie des gens d’on va danser on va chanter, mais aussi avec la même nostalgie du Mawazine des origines, select dans son éclectisme et éclectique dans son ‘’sélectisme’’. Foncièrement culturel, il abordait la culture dans sa plénitude et l’embrassait dans ce qu’elle a de global : Musique mais aussi théâtre, cinéma mais aussi livres, danse mais aussi peinture, pop mais aussi philharmonie, spectacles mais aussi débats…

Un homme se trouvait derrière, qui a lui a trouvé son nom – Mawazine ; créé son association – Maroc des cultures ; lui a donné son premier souffle dans des dimensions moins giga décibels, plus humaines. Il est aujourd’hui aussi Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, lauréat 2019 du Grand prix de la francophonie décerné par l’Académie française, dont il n’avait pas vraiment besoin pour être l’immense homme de culture qu’il est.

Et je regrette qu’au Maroc on ne cultive pas trop la culture des anciens, des précurseurs, ceux qui ont donné et continuent à le faire, qu’à l’occasion d’une ouverture, d’un spectacle, d’une clôture on ne leur rende pas hommage, un mot, quelques mots tout au plus. Mais il semble qu’au Maroc se sont les mots qui coutent le plus.

Pour mémoire, il répond au nom de  Abdejlil Lahjomri.