Palestine : Les Trump-l’œil de Washington

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Depuis son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump semble n’avoir qu’un souci : En homme de parole, faire ce qu’il a dit. Le monde en tremble, mais c’est une autre histoire.

L’une de ses promesses électorales est le transfert périlleux de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique de Tel-Aviv à Jérusalem que le sionisme a déclaré capitale éternelle de l’Etat hébreu, seul pays au monde qui a pour nationalité une religion.

Pour l’instant Trump donne l’impression d’hésiter en attendant le moment, opportun à ses yeux, de passer à l’acte. Néanmoins la dernière visite du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu à Washington a été l’occasion pour le président américain d’ébrécher un principe sacro-saint consacré par  l’ONU: Le droit du peuple palestinien à avoir son propre Etat.

En laissant entendre que la paix entre Palestiniens et Israéliens ne passait pas forcément par l’existence de deux Etats, Donald Trump a rompu avec un dogme sur lequel, voulait-on croire, reposait la diplomatie américaine dans ce conflit.

En vérité, le nouvel hôte de la Maison Blanche n’a fait que dire tout haut ce que cette administration murmure dans l’enceinte de ses murs. Washington s’est toujours déployé pour empêcher le Conseil de sécurité de prendre des résolutions contraignantes à l’encontre d’Israël.

L’abstention américaine, exceptionnelle, lors du vote en décembre 2016 d’une résolution exigeant l’arrêt immédiat et complet des implantations dans les territoires occupés, n’est qu’une réaction tardive d’un Barak Obama sur le départ face à un premier ministre israélien qui l’a toujours snobé.

Le principe d’un Etat palestinien est contenu dans l’esprit des accords d’Oslo de 1993, mais dès 1995 avec l’assassinat d’Yitzhak Rabin, on savait que ces accords n’avaient même plus la valeur du papier sur lequel ils ont été consignés.

Tout au long du processus qui en est né, à aucun moment les Etats Unis n’ont donné, ne fut-ce que l’impression, d’exercer la moindre pression pour que Tel-Aviv se conforme au droit international. Depuis la création de l’Etat israélien, la diplomatie américaine n’a été dans ce conflit que des Trump-l’œil.