Un discours, trois messages

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Plus africain que jamais ! C’est sans doute aucun le cœur du message du discours de Dakar. C’est de l’inédit et un coup pareil il faut être Mohammed VI pour le faire. On n’insistera donc pas trop sur sa portée. C’est aussi l’aboutissement d’un travail de longue haleine que le  Souverain a entrepris dès son accession au trône. Il ne laissera de côté aucune sous région du continent. Pas plus que le Maroc n’attend de quiconque un quitus pour retrouver sa place au sein de l’Union Africaine sans rien céder de son unité territoriale.

Mais on ne fait là que paraphraser le discours royal en résumant excessivement sa teneur. Un autre aspect, non-dit, de ce périple est à mettre en relief : L’arrivée à Dakar en provenance de la Tanzanie. Elle constitue un cinglant démenti aux élucubrations de la presse algérienne sur la stabilité du Royaume à la suite des manifestations que plusieurs villes du Maroc ont connues après le décès de Mohcine Fikri à Al Hoceima. Certains ont été jusqu’à voir dans le report de la visite en Ethiopie une explication à l’urgence de la situation qui aurait contraint le Roi à un retour rapide au pays. Les voilà édifiés !

Le troisième message de ce discours s’adresse aux partis et en premier lieu à celui qui est arrivé en tête des législatives du 7 octobre 2016, le PJD en l’occurrence : « la formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral. » Le Roi Mohammed VI ne pouvait être plus clair pour rappeler à chacun la centralité de la monarchie dans le système marocain. Une donne que l’ivresse de sortir premier des urnes tend à faire oublier. La victoire du PJD, que relative déjà rudement le taux d’abstention, est ainsi ramenée à sa juste proportion.    

Fort de sa légitimité naturelle et historique, le Souverain a tracé nettement les contours du prochain gouvernement : un programme clair, des priorités définies, une structuration efficace et harmonieuse et un ensemble de compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies. Une façon de dire que tout ce qu’on a entendu depuis la désignation de Abdalilah Benkirane pour la formation de l’équipe gouvernementale n’est que logomachie.