Aller vite !

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Le glissement naturel de l’Union Européenne vers l’Est n’a pas eu l’effet escompté. Bien au contraire, il s’est avéré être un vrai danger pour la construction européenne. L’élargissement trop rapide vers l’Est européen a dissout les valeurs essentielles d’unité et de solidarité et a donné naissance à un patchwork mité par les populismes et les doutes. Il va falloir beaucoup de temps et de courage pour recréer un désir d’Europe chez des peuples pris dans des pièges identitaires mortels et tentés par des replis suicidaires. 

Par ailleurs, il faut le dire, l’UE a une responsabilité énorme vis-à-vis du Maghreb. Voilà une région — malade, divisée et dotée, malgré tout, d’un fort potentiel — qui cherche un partenaire de référence avec lequel elle peut construire un avenir commun. Au lieu d’agir vite et en profondeur pour faire de la Méditerranée un espace de prospérité, de paix et de croissance, l’UE mégote, tergiverse et perd du temps.

Le Maroc, quant à lui, assume ses responsabilités avec courage. De chahuts parlementaires en embuscades juridiques montés de toutes pièces par les adversaires de l’unité du pays, il fait face, argumente et finit toujours par convaincre. Mais que de temps perdu !

La farce de la création d’un 6ème État au Maghreb est en train de faire long feu. Les sponsors de cette thèse ridicule et toxique pour toute la région sont eux-mêmes, aujourd’hui, en perte de régime. Le moteur idéologique de cette supercherie historique a des ratées. Il finira, un jour ou l’autre, par rendre l’âme.

Il restera alors à construire, ensemble, le Maghreb. C’est dans cette perspective que l’UE peut être un allié stratégique et un accélérateur utile de la fusion maghrébine. Quand l’Europe cessera de tourner le dos au Maghreb en exacerbant ses divisions, la Méditerranée cessera, de fait, d’être une menace et deviendra une opportunité réelle de co-développement.

Dans la région, il faut passer à la vitesse supérieure. Pour ce qui concerne le Maroc, un partenaire sérieux et crédible de l’UE, il est lassant que chaque 3 ou 4 ans il faille aller chercher des résolutions parlementaires pour mettre à l’abri des attaques vicieuses de notre adversaire attitré une coopération multiséculaire avec l’Europe.

Ce climat délétère de “je t’aime, moi non plus” est contreproductif et ne correspond plus aux exigences de l’Histoire. Si on veut réussir, désormais, il faut aller vite. Le cap est connu !