Benkirane résolu à former un gouvernement sans l’Istiqlal ni l’USFP

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C’est ce samedi 31 décembre que Hamid Chabat convoque une session extraordinaire du conseil national de l’Istiqlal. Un conseil que de nombreux istiqlaliens jugent illégal et qu’ils vont boycotter

Les dés en sont jetés. Le prochain gouvernement se fera sans l’Istiqlal qui a été définitivement poussé vers la sortie. Dans l’entourage du chef de gouvernement désigné, on fait valoir qu’il eut été « impossible de former un exécutif ni avec Hamid Chabat ni avec l’Istiqlal ».  «Après avoir été un temps tenté de remettre le tablier, Abdalilah Benkirane a fini par comprendre que les carottes étaient cuites pour le parti fondé par Allal Al Fassi. Que  de fois nous avions demandé à Hamid Chabat de nous aider juste en se taisant », soupire un proche de Benkirane.

Selon des sources généralement bien informées, c’est très probablement la majorité sortante qui reviendra aux commandes du  pouvoir. Autour du PJD, la coalition gouvernementale serait composée du Rassemblement national des indépendants, du PPS et du Mouvement populaire. Une place prépondérante du RNI est d’ores et déjà annoncée par des observateurs avertis. Dans la prochaine architecture gouvernementale, les ministres de la formation politique dirigée par Aziz Akehnnouch auraient en charge des pôles économiques stratégiques.

Si la participation de  l’Istiqlal est passée à la trappe, l’USFP de Driss Lachgar serait, elle aussi, abandonnée sur le quai. C’est ce que nous a en tout cas confirmé une source proche du chef de gouvernement désigné. Terminés les rêves de perchoir nourri par le parti de la Rose qui comptait se refaire une santé en revenant aux affaires ? « Benkirane ne peut pas  valablement se départir de l’Istiqlal et intégrer l’USFP qui est désormais l’obligée du RNI », explique un fidèle du leader du Parti Justice et Développement.

Pas de trêve de confiseurs ce week-end qui sera éminemment politique au Maroc. C’est demain samedi 31 décembre que Hamid Chabat convoque une session extraordinaire du conseil national de l’Istiqlal. Un conseil que de nombreux istiqlaliens jugent illégal et qu’ils vont  boycotter. « Il n’a pas été décidé par le comité exécutif et il n’a pas été convoqué par le président du conseil national, en l’occurrence Taoufik Hejira. De plus, aucun ordre du jour n’en a été fixé, » soutient ce membre dirigeant du parti de la Balance.

Après Hejira, Yasmina Baddou, Karim Ghellab et Adil Douiri, le leader historique du plus vieux parti marocain,  M’hamed Boucetta, a appelé Hamid Chabat à quitter l’Istiqlal « pour sauver sa famille politique ».  La boîte à Pandore est ouverte. Des poids lourds tel que Hamdi, Mediane ou encore Qayouh auraient rejoint le mouvement anti-Chabat. Une page se tourne…