En soutien de Mélenchon

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Jean Luc Mélenchon analyse correctement le front républicain qui force à voter pour le candidat de la casse sociale au motif qu'il est républicain

Le leader de la France insoumise a refusé de donner une consigne de vote claire, tout en appelant à faire barrage à l'extrême droite. Toute la classe politique a trouvé là une occasion pour l'attaquer au nom d'un pseudo front républicain. Depuis des années le front républicain n'existe plus. Sarkozy l'a clairement condamné dans les élections intermédiaires.

En fait le front républicain avait un sens quand l'ensemble des démocrates considéraient que l'extrême droite ne devait pas accéder aux institutions, parce que non républicaine. Mais depuis cinq ans tout le monde débat avec le front national, Florian Phillipot a plus de temps d'antenne qu'un journaliste, la droite lui emprunte ses slogans, y compris le fameux "on est chez nous", alors pourquoi ressortir le réflexe anti fasciste maintenant.

Mélenchon est convaincu que le quinquennat Macron fera monter le FN encore plus. La destruction des protections des travailleurs, la continuité d'une politique d'austérité, les 100 000 postes de fonctionnaires passés à la trappe, et donc moins de services publics dans les territoires, tout cela ne fera qu'attiser la colère du terreau de Marine Le Pen. C'est pour ça qu'il prépare déjà le troisième tour, le tour social où il espère jouer le rôle de leader d'une gauche assumée, anti libérale. Jean-Luc Mélenchon analyse correctement le front républicain qui force à voter pour le candidat de la casse sociale au motif qu'il est républicain.

Macron n'a pas fait un seul geste pour adoucir la pilule. Il a refusé de retirer ses propositions anti syndicales. Il a même fait preuve d'une mégalomanie le poussant à annoncer la mort du PS et LR alors même que les deux appellent à voter pour lui et que ce sont leurs électeurs qui le placent en tête. Quelle arrogance !

En réalité, Le Pen, Mélenchon, Les Républicains font tous le même calcul. L'objet politique non identifié qu'est Macron ne pourra pas avoir la majorité et l'ex-banquier de Rothschild devra composer pour créer une coalition. Si Valls et ses amis ont déjà soumis leur demande, les autres ont d'autres positions. Mélenchon et Le Pen se disputent déjà la tête de l'opposition, à la fois au parlement et en dehors, car l'insoumis compte sur ses alliés syndicaux, une force.

Ce calcul, pour le superbe orateur, n'est pas compatible avec un appel à voter Macron. Laisser la liberté aux électeurs en excluant le vote le Pen est cohérent.

Quand au plafond de verre, corollaire du front républicain, il se fissure sérieusement. Le Pen à 44% avec un groupe parlementaire imposant sera la favorite dans cinq ans. Seul Mélenchon à la tête d'une gauche retrouvée pourra la battre avec un vote d'adhésion et non par défaut.