France : Le piège des primaires

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Il est certain que ni Les Républicains, ni le Parti Socialiste n'échapperont au débat sur l'utilité d'une consultation populaire avec de longs débats ou les candidats s'écharpent

Les candidats des deux partis de gouvernement bénéficient, en principe, d'une légitimité qui devrait les propulser. Ils sont tous les deux issus de primaires ouvertes, qui ont mobilisés des millions de Français. On parlait d'un exercice obligatoire, puisqu'il avait porté François Hollande à l'Elysée.

Seulement à droite le Penelope Gate a fragilisé F. Fillon et aiguise les appétits des perdants, les sarkozyste et les juppeistes. A gauche c'est encore plus grave puisque F. De Rugy et surtout M. Valls, l'ex premier ministre, ont rejoint Emmanuel Macron. Alors qu'ils avaient signé un engagement sur l'honneur à soutenir le vainqueur des primaires.

La campagne de Benoît Hamon n'a plus qu'un faible écho, mettant en danger la représentation du Parti Socialiste aux législatives. La “réunification” des deux gauches sera quasiment impossible, après la trahison des vallsistes et leurs départs massifs vers Macron

Les primaires sont le genre même de mécanismes qu'on croit démocratiques mais qui ne le sont pas. Des électeurs de gauche ont voté à droite, et vice versa, pour choisir le meilleur adversaire. Dans une situation aussi difficile, un quinquennat totalement raté, au point que le président ne se représente plus, les frondeurs qui lui ont mené la vie dure avaient d'énormes chances de l'emporter et c'est ce qui s'est passé.

Maintenant la divergence est devenue une scission. On imagine mal Cambadélis réussir à recoller les morceaux après les élections. Quelle légitimité auront Manuel Valls et les siens pour reprendre un PS qu'ils ont exécuté ? La scission est actée, les sociaux libéraux ont le choix entre rejoindre En Marche ou créer une structure-écurie pour Manuel Valls qui n'a pas abdiqué toute prétention à la magistrature suprême.

Les primaires ont accéléré la décomposition du PS. Si elles avaient été limitées aux militants du PS, ceux ci auraient trouvé un candidat d'équilibre, genre Peillon ou Taubira. Il est certain que ni Les Républicains, ni le Parti Socialiste n'échapperont au débat sur l'utilité d'une consultation populaire avec de longs débats ou les candidats s'écharpent et la difficulté a réussir l'union après. Le démocratisme à tout va est un écueil à l'efficacité. La démocratie allemande fonctionne très bien et ce sont les partis qui désignent leurs candidats, en Angleterre ce sont les militants encartés qui choisissent alors pourquoi pas la France ?