Immigrés : le débat nécessaire

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Au lieu d'attendre une déflagration, la multiplication de crimes racistes, des manifestations violentes, je préfère que l'on pose calmement le problème

Dans la vision officielle des relations avec l'Afrique, il y a une dimension qui devient réellement problématique. Nous accueillons des dizaines de milliers de subsahariens pour qui nous n'étions qu'un pays de passage, mais qui s'y trouvent coincés.

D'abord parce que nous avons choisi d'être le gendarme de l'Europe par respect des engagements internationaux, ensuite parce qu'ils n'ont souvent plus le sou en arrivant chez nous.

Nous avons adopté une politique humaniste qui nous honore au niveau des principes. Mais alors que leur nombre ne cesse de croître, des problèmes sérieux se posent et il faut s'y intéresser avant que la situation ne dérape.

Dans plusieurs villes ils se sont appropriés des boulevards, des feux rouges où ils ont chassé les mendiants locaux. Au nord, il y a déjà eu des affrontements violents, y compris avec la police. A Casablanca les taxis ont manifesté parce que les immigrés les rançonnaient à la station de la gare routière. Toujours à Casablanca, le terrain de proximité Abdelatif Beggar, seul espace pour un quartier populaire à forte densité est squatté. Des dizaines d'immigrés s'y entassent dans des conditions d'hygiène épouvantable. La population se plaint de la disparition du terrain de sport mais aussi des odeurs nauséabondes.

Face à tout cela on a l'impression que les autorités sont tétanisées. La preuve on a dégagé tous les marchands ambulants sauf les subsahariens. Ils ont désormais le monopole du trottoir du boulevard Fal ould Amir à Rabat, par exemple.

Le flot continuant, le seuil de tolérance sera rapidement atteint. Les bonnes intentions n'y feront rien? Nous n'avons pas réussi à réduire la misère chez nous, nous ne pouvons pas accueillir décemment tous les migrants. La reconduite aux frontières est une solution à envisager sans brutalités en accord avec les pays d'origine et le soutien de l'Union Européenne. Je ne vois pas pourquoi est ce qu'on n'explore pas l'idée de centres de rétentions où les européens installeraient des services de visa selon leurs propres critères. Ces deux recours n'ont pas bonne presse parce qu'elles sont portées par les droits européens. Mais dans le cas du Maroc, pays à 6 millions de pauvres et sans aucun filet social, j'ai la conviction que nous n'avons aucun moyen de les intégrer.

Alors au lieu d'attendre une déflagration, la multiplication de crimes racistes, des manifestations violentes, je préfère que l'on pose calmement le problème. Et si le seul moyen c'est de copier les droits européens, alors il faudra s'y résoudre. Sinon les bonnes âmes doivent chercher les moyens financiers de la générosité et je doute qu'ils en trouvent.