Iran : Le prix de la démesure

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Alors que le soulèvement en Iran semblait s’essouffler sous la botte d’une répression à huis clos, les Nations Unies exprimaient leurs craintes quant au nombre élevé des morts qu’elles n’arrivaient pas à chiffrer avec exactitude, se contentant de les estimer à des dizaines de décès cependant qu’Amnesty International avançait le chiffre de 106 morts. Le régime théocratique de Téhéran les fixait, lui, à 11 morts, 4 dans ses rangs, 7 dans ceux des manifestants.

Il y a à peine quelques jours, ce pouvoir semblait conquérant, Or voilà que tous les évènements de cette région concourent à la remise en cause de cette forte influence.  

La contestation, pour dire son ampleur, a touché plus de 40 villes dont la capitale et les arrestations ont dépassé le seuil de mille. Mais en Iran, où le régime vit en autarcie politique et économique, imperméable à ce que peut en penser l’opinion publique internationale, n’a à aucun moment caché sa volonté d’écraser le soulèvement l’imputant, ce qui n’est pas totalement faux ni entièrement vrai, à des manipulations extérieures, américaines par excellence, accessoirement saoudiennes. 

Dans la logique des Ayatollah peu importe les victimes de la répression, ils n’en sont pas à leur premier soulèvement ni à leurs premières écrasements dans le sang. Le plus célèbre est celui du mouvement vert en 2009, contre Mahmoud Ahmadinajad et pour la démocratie. Depuis, les Iraniens n’ont cessé de vivre sous les cendres. Puis en 2017, ensuite en 2018 et maintenant en 2019, la contestation est de plus en plus marquée par une récurrence régulière.

L’augmentation du prix des carburants n’a été que l’étincelle qui a rallumé le brasier. Le fait marquant de ces dernières manifestations reste la contestation même du pouvoir chiite da son affrontement avec les forces sunnites de la région en en faisant un moteur de mobilisation et un outil de revanche historique. 

Il y a à peine quelques jours, ce pouvoir semblait conquérant, au Liban, dominant en Irak, envahissant au Yémen, gênant au Bahreïn et dans l’Est saoudien, conforté en Syrie par le maintien à bout de bras du régime de Bachar El Assad. Or voilà que tous les évènements de cette région concourent à la remise en cause de cette forte influence. La main de l’étranger ? Elle n’est pas à exclure. Mais aussi, et peut-être surtout, la prétention d’un régime théocratique, un rien arrogant, à une hégémonie régionale démesurée dont il n’a ni le souffle, ni les moyens économiques ou encore militaires.