La photo qui aurait pu éviter à Skiredj de l’ouvrir

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Il aura fallu un esprit creux qui a continué à tourner dans le vide pendant plus d’un demi siècle pour aller ressortir l’abracadabrantesque. Et ce fut le cocu du film de Mohamed Abderrahmane Tazi

Par NAÏM KAMAL - Si tous les fils devaient ressembler à leur père, certainement qu’on dira que le mien n’est pas de moi. Ou encore que ma fille, qui me dit-on me ressemble beaucoup, n’est pas la fille de sa mère alors même que je l’ai vu sortir de son ventre.

Cette façon de voir les choses, que je sortais chaque fois que quelqu’un s’étonnait en ma présence de l’absence de ressemblance entre mon fils et moi,  m’est revenue à l’esprit quand j’ai vu Bachir Skiredj, clown de son état qui a eu son moment de gloire dans A la recherche du mari de ma femme de Mohamed Abderrahmane Tazi, déblatérer sur l’ascendance de Hassan II.

Une connaissance m’a alors mis sous les yeux cette capture d’image à partir d’une vidéo de l’inauguration de la Grande mosquée de Paris en 1926. Y figure le sultan Moulay Youssuf en compagnie du président français Gaston Doumergue. Je fus tout de suite saisi.

Moulay Youssuf est le père de Mohammed V, grand-père de Hassan II et arrière grand-père de Mohammed VI. Quatre générations et presque un siècle de règne sur 376 ans d’âge de la dynastie alaoui. Entre les deux extrémités de cette quadrature il y a plus qu’un air de famille. Cette ressemblance est encore plus frappante sur des photos qu’un ami, pour des raisons que je comprends, n’a pas voulu me remettre.

Avais-je besoin de sortir ce qui aurait pu rester une simple discussion entre membres d’une famille ? Pas nécessairement. Mais j’ai vu ma femme, puis mon amie Narjis Rerhaye tellement dégoutées, que je me suis dis qu’il serait peut-être nécessaire de revenir sur la genèse de cette sordide histoire que Skiredj, sans doute aucun plus coupable que les deux gigolos qui l’ont relayé, également clown dans ce sens où c’est un bouffon et paillasse à la fois, a essayé d’expliquer en s’enferrant à chaque mot un peu plus.

C’est à la fin des années cinquante, alors qu’il est encore un prince hériter crâneur à qui on ne raconte pas d’histoire et on ne la fait pas, que ses détracteurs, pour ne pas dire ses ennemis, ont commencé à répandre une ignominie sur le dauphin qui ne serait pas le fils de son père.

Ce n’est pas tant amputer le fils de son ascendance qui les intéressait, mais délégitimer l’héritier du trône  dans une lutte sans merci pour le pouvoir. Hier comme aujourd’hui c’est la désacralisation du corps du roi que l’on actionne pour atteindre à l’aura du Prince.

Une fois roi, le bobard a continué dans l’implacable guerre, où tous les coups étaient permis, qui a opposé Hassan II, qui n’était pas particulièrement tendre, à ses adversaires, une composition éclectique et hétéroclite de conjurés. Calomniez, calomniez il en restera toujours quelque chose. Fort heureusement il n’en est pas resté grand-chose et il aura fallu un esprit creux qui a continué à tourner dans le vide pendant plus d’un demi siècle pour aller ressortir l’abracadabrantesque. Et ce fut le cocu du film de Mohamed Abderrahmane Tazi.