Le droit du sang

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Le Maroc vit une véritable guerre du sang. Les victimes sont innombrables. La pénurie de sang est un vrai cataclysme.

Un exemple parmi des centaines. Récemment, un jeune papa est parti chercher du sang à la suite d’un accouchement très difficile de sa femme. à son retour, bredouille, ils lui ont appris que sa jeune épouse est morte, justement, parce qu'elle a perdu beaucoup de sang qui n’a pu être remplacé. Drame absolu ! Aurait-on pu éviter ce décès ? Oui, si le sang était disponible. 

Le CNTSH, le Centre national de transfusion sanguine et d’hématologie, est en cause. Dans son statut, dans son organisation, dans ses ressources humaines, dans ses performances etc. Rien ne marche ! Soyons précis.

Si chaque Marocain, demain, donne de son sang, la majeure partie de la collecte irait dans les égouts. La capacité réelle de traitement de cet afflux est infinitésimale. Les moyens humains et techniques pour traiter massivement ces dons sont inexistants.

Le CNTSH est maintenu dans un état végétatif de dépendance tel qu’il ne peut s’acquitter valablement de sa mission vitale de santé publique.
Les statuts de cet établissement public, sous tutelle du ministère de la Santé, sont obsolètes et ne permettent plus de répondre ni à la mission du centre, ni aux besoins de la population. Si le gouvernement n’est pas capable de réformer sérieusement cette filière, il vaut mieux penser à sa privatisation dans un cadre libéral.

L’offre et la demande seraient alors rapprochées d’une manière plus fluide et plus régulée. On peut imaginer des prises en charge des régimes sociaux pour cela. Et ce n’est pas blasphématoire de le penser ! Tous les jours des Marocains sont prêts à payer -parfois le prix fort- pour avoir du sang pour des membres malades de leur famille, ils n’en trouvent pas ! C’est un vrai drame.

L’énorme travail fait par la société civile dans ce domaine est, lui aussi, bridé. De nombreuses associations très actives dans le domaine du sang ne rencontrent, hélas, aucune reconnaissance de leurs efforts ni aucun encouragement.

Au final, le mal est là. On ne met pas à niveau le CNTSH engoncé dans un statut obsolète et inadapté avec une carence de moyens criarde et, de l’autre côté, on ne libère pas les énergies, voire on les bride sciemment.