Mains baladeuses et regards lubriques

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Encore heureux que la nouvelle loi relative aux violences faites aux femmes n’a pas retenu le viol conjugal. Sinon chaque fois qu’un époux aimant aura à cœur d’accomplir son devoir envers sa tendre moitié, il devra s’assurer de la présence de deux témoins

Pour une fois, le 8 mars, journée de la femme, prend quelque sens. Elle s’est déroulé sous l’ombre, ou la lumière, ça dépend, de la présentation en état d’arrestation d’un journaliste présumé violeur-harceleur-abuseur, de son nom Taoufiq Bouachrine, devant la justice. Je ne m’en réjouis pas, et il appartiendra à celle-ci de dire le fin mot de l’histoire. C’est un journaliste, mais ça aurait pu être tout autre ; un ministre, un prof, un juge, un policier, un vagabond ou encore un chien errant, ça s’est vu, tant il est certain que pas plus que la profession et le pouvoir qui en découle, l’espèce ne fait le moine. Mais c’est tout de même une ironie du sort tordue que ce soit un journaliste, par définition, mais seulement par définition, un amant de la liberté et de l’intégrité, qui vienne sur l’autel de l’émancipation de la femme et du respect de ses droits sur son corps, symboliser la progression de la gent féminine sur le front de sa latitude à refuser les mains baladeuses et les regards lubriques. Les langues se délient et les femmes vont aller crescendo se plaindre auprès des autorités compétentes d’un sifflement admiratif émis par un malotru qui n’aurait pas encore compris qu’on ne peut s’adonner au jeu de séduction qu’avec l’autorisation expresse et légalisée de la dulcinée concernée. Histoire de se préserver.

 Mais le temps d’accomplir toutes les démarches administratives nécessaires à cette procédure, il y a de fortes chances que le soufflé retombe et la fougue libidineuse refroidisse. La situation devient donc critique et encore heureux que la nouvelle loi relative aux violences faites aux femmes n’a pas retenu le viol conjugal. Sinon chaque fois qu’un époux aimant aura à cœur d’accomplir son devoir envers sa tendre moitié, il devra s’assurer de la présence de deux témoins, mâles bien sûr, dont il peut se servir à l’occasion pour lui tenir la chandelle. Sait-on jamais, au cas où son épouse serait tentée de lui rafler le patrimoine commun sous prétexte qu’il a abusé de celle qui avait exigé de lui, pour lui appartenir, une forte dot assortie de la bijouterie habituelle. Post Scriptum avant terme : A la Chambre des représentants, cette loi dite 103. 13 a été adoptée par 168 voix contre 55. Cinquante-cinq hommes qui ont osé, du moins je suppose, dire non à la discrimination des hommes et à la spoliation de leurs acquis multi millénaire. Ils refusent qu’on tue la féminité qui est soumission au nom du féminisme qui est insubordination. Dans ce bordel, exclusivement dans ce sens où se mot veut dire désordre, ce qui me donne la migraine, l’excuse imparable des épouses désobéissantes, c’est que parmi les cinquante-cinq députés qui se sont révoltés, il n’y a aucun islamiste. Enfin je suppose. Mais rassurons-nous, nous dont la femme est issue d’une cote qui nous a été subtilisée, les lois ne valent que par l’usage qu’on en fait. Et le monde est imposture. Il y a plus de trois siècles, déjà Molière faisait dire à Tartuffe pour lui éviter de coupables pensées inévitables : « Couvrez ce sein que je ne saurais voir ». Depuis, la tartuferie est entrée dans le dictionnaire. Elle était, elle l’est toujours, dans les mœurs.