Maroc-Algérie : L’issue de la société civile ?

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Le Président de la fédération algérienne de football a fait une déclaration, accueillie de la meilleure des manières par les Marocains. Il a déclaré qu’il soutient la candidature du Maroc pour l’organisation de la coupe du Monde 2026 et qu’il serait heureux que l’Algérie puisse aider à l’organisation. Peut-être un début…

Les relations avec nos voisins de l’Est sont bloquées, désastreuses, au mépris des intérêts des deux peuples. Le répéter, sans cesse, n’est sûrement pas un exercice inutile. Les frontières sont fermées depuis un quart de siècle, les déclarations à l’emporte-pièce sont courantes, et le choc des deux nationalismes est prégnant. La solution ne se trouve pas nécessairement et seulement au niveau de la diplomatie officielle. Le Président de la fédération algérienne de football a fait une déclaration, accueillie de la meilleure des manières par les Marocains. Il a déclaré qu’il soutient la candidature du Maroc pour l’organisation de la coupe du Monde 2026 et qu’il serait heureux que l’Algérie puisse aider à l’organisation. C’est juste du bon sens. Si le Maroc obtient cette organisation, si les frontières sont rouvertes entre temps, on peut très bien imaginer des retombées réelles pour l’Algérie. Des équipes pourraient s’y installer et faire des aller-retour pour jouer leurs matchs, des supporters pourraient en faire de même pour éviter la hausse des prix des hôtels. Et puis, tout le Maghreb bénéficierait de l’attention médiatique du moment. Auparavant, des avocats algériens ont participé à une conférence au Maroc et ont émis le souhait de fortifier les relations avec leurs homologues marocains. Il ne s’agit là que d’un petit souffle qu’il faut amplifier. La société civile, dans son ensemble, doit pouvoir casser le carcan de l’animosité entre les deux États. Pour une raison très simple, c’est qu’il n’y a pas de conflit entre les deux peuples, et qu’il n’y a même pas d’intérêts divergents !. Les Marocains ont soutenu la guerre de libération algérienne. L’épisode, symbolique, du don des peaux de moutons de l’Aïd pour financer les camps d’Oujda démontre la mobilisation populaire au-delà des appareils politiques. L’histoire commune est importante, mais le devenir commun l’est beaucoup plus. Nous avons les mêmes défis à relever, en premier, offrir à une population jeune un meilleur avenir. Nous pouvons aspirer à une intégration économique plus poussée, à des échanges académiques, culturels, artistiques plus fournis. Ce maillage devrait nous permettre de résoudre des questions lancinantes communes, identitaires par exemple. Pour y arriver, il faudrait que la société civile, dans les deux pays, se mette en retrait de la politique officielle des deux exécutifs et que chacun s’attache, dans son domaine, à développer une coopération au profit mutuel. Les patrons vont s’attacher aux échanges économiques, à la volonté d’intégration ; les humanitaires à l’échange d’expériences pour lutter contre l’exclusion, la précarité ; les féministes aux combats communs pour l’égalité, etc. Une telle démarche pourrait faciliter la résolution de la situation de blocage politique. Tout simplement en montrant l’inanité d’un face à face couteux sur tous les plans et les avantages d’une coopération entre voisins qui ont tant de choses à partager. Les médias ont un rôle important à jouer. Ils devraient faire preuve d’un plus grand discernement et éviter de heurter des sentiments nationalistes à fleur de peau. Nous ne sommes qu’au début d’un processus qu’il faut saluer, encourager, au profit des deux peuples frères.