Munich – Un parfum de campagne électorale

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Par Ahmed Charaï - L’Administration Trump est en train de finaliser le discours de campagne de Donald Trump pour les élections, sur les questions de politique étrangère. Sur l’Iran, Pence a eu des mots très durs.  L’appel au soutien de l’Europe n’est plus une question d’évaluation tactique, mais de principes, de valeurs..Sur le Moyen-Orient, l’Europe à passer à la caisse. Le candidat Trump a tenu sa promesse : l’Amérique ne paiera pas pour être le gendarme du monde

La réunion de « la famille transatlantique », à Munich sur les questions de sécurité a été largement commentée. La majorité des observateurs se sont focalisés sur les divergences exprimées par les discours de la Chancelière allemande Angela Merkel et du vice-président américain Mike Pence, sur la Syrie, l’accord sur le nucléaire iranien et, surtout, le multilatéralisme.

En réalité, l’Europe n’était pas très unie, des divergences sont apparues clairement et, dans les coulisses, certains exprimaient une compréhension, sinon un soutien des positions de l’Administration Trump. Ensuite, quand on parle de sécurité, l’armée n’est jamais loin. Or avec le Brexit, seule la France a encore des facultés de projection à l’extérieur et Paris ne peut pas être partout. Le déséquilibre est donc évident.

La délégation américaine était très fournie, puisque plusieurs membre du Congrès ont fait le déplacement, y compris la présidente Nancy Pelosi et Joe Biden l’ancien vice- président qui a laissé entendre qu’il pourrait être candidat, pour réunir le centre et la gauche lors des présidentielles de 2020.

L’Administration Trump est en train de finaliser le discours de campagne de Donald Trump pour les élections, sur les questions de politique étrangère. Sur l’Iran, Pence a eu des mots très durs. Selon lui, le régime des mollahs est antisémite, antidémocratique, dangereux. L’appel au soutien de l’Europe n’est plus une question d’évaluation tactique, mais de principes, de valeurs.

Sur le Moyen-Orient, l’Europe est appelée à prendre ses responsabilités. Y compris sur le plan militaire. Le candidat Trump a donc tenu sa promesse : l’Amérique ne paiera pas pour être le gendarme du monde.
Mais on reste dubitatifs devant l’absence de vision concernant la Russie et la Chine-Moscou est une superpuissance militaire, mais très petite économie. C’est ce qui explique peu-être que l’Administration Trump ne la voit pas comme un grand auteur du monde à venir.

Par contre, la Chine, seconde puissance économique mondiale, développe ses capacités militaires à pas forcés, et surtout cherche à s’assurer le leadership sur le Big data. L’on sait qu’ils ont développé une application pour noter les citoyens, or ils rachètent à bout de bras les sociétés de communication un peu partout dans le monde. Le régime chinois, sans faire de vagues, a une vision d’influence et de domination menée de manière soft.

L’alliance transatlantique était utile lors de la période de la guerre froide qu’elle a gagnée. L’avenir proche ne semble pas lui assurer une grande pérennité, parce que l’U.E ne pèse plus que faiblement économiquement, et marginalement militairement. Et surtout parce que la prochaine confrontation, qui se prépare, est entre la Chine et les USA.

Cette Bipolarité sera entre un pays, dont on peut critiquer les actions, mais qui est porteur de valeurs démocratiques, de défense ds droits de l’Homme, des libertés et un autre régime, Chinois, qui veut « fliquer » tous les citoyens.

Nous y allons ouvertement. Or à part les pressions commerciales et un peu de réactions sur le Data, en particulier l’Affaire Huawei, Donald Trump et son administration ne développent pas de véritable vision. La réunion de Munich n’a pas été le lieu d’une révélation quelconque à ce sujet. Mais peut-être que la campagne des présidentielles en 2020, la mettra au premier plan.