Parlement - OCP : Un Terrab didactique

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Après la publication du rapport de la Cour des comptes concernant l’OCP, certains s’étaient émus d’une phrase expliquant que l’équipe de Jettou avait relevé des anomalies, que l’OCP a accepté les remarques et s’est engagé à y répondre, mais que la Cour des comptes ne pouvait les dévoiler publiquement, pour ne pas fournir d’éléments à la concurrence. 

Mustapha Terrab a profité de son audition devant le parlement mardi dernier pour faire un exposé sur l’OCP-group, qui éclaire les élus sur les réalisations et les perspectives de cette entreprise essentielle pour l’économie marocaine et pourtant peu connue du grand public. 

Il suffit de savoir que la contribution au budget de l’Etat est passée de 70 millions de dirhams à cinq milliards de dirhams pour comprendre que la transformation est réellement importante. 

Pourtant, à la nomination de Mustapha Terrab président directeur général de l’OCP-group, la situation de l’office n’était pas du tout florissante. Il est d’usage d’utiliser l’argument des réserves. Elles représentent selon les instituions spécialisées 70% des réserves mondiales, mais cela ne préfigure en rien des performances. La preuve, c’est qu’au début des années 2000 l’office était déficitaire. 

Le positionnement sur le marché était inadéquat. L’essentiel des exportations était constitué de la matière première (la roche) et seules 9% concernait les engrais. Or le marché évoluait à l’inverse, le segment des engrais était porteur, celui de la roche en roue libre. La perte de parts de marché était tout naturellement sanctionnée financièrement. Une situation nette négative de 16 milliards de dirhams était affichée en 2005. 

La transformation opérée a permis de faire passer la capacité de production d’engrais de 3 à 12 millions de tonnes, d’affiner la stratégie commerciale pour optimiser la présence sur les 3 segments du marché (matière première, produit semi-fini et produit fini). 

Le programme 2007-2018 qui nécessitait un investissement de 8 milliards de dollars, ce qui était difficile à envisager dans la situation du bilan de l’époque, c’est ce qui justifie le passage au statut de société anonyme qui a permis de s’adresser aux marchés financiers. 

En 2008 les cours mondiaux ont enregistré une hausse très importante qui a permis à l’OCP d’afficher un chiffre d’affaires record de 60 milliards de dirhams. C’est cette performance qui a été utilisé à bon escient pour financer à hauteur de 50% le programme d’investissement. 

Ces investissements ont eu l’impact attendu. Sur le plan industriel les capacités de production ont été démultipliées, celle de la roche est passée de 27 à 114 millions de tonnes, celle des engrais de 3 à 12 millions. 

Sur le plan commercial le groupe est passé du quatrième rang des producteurs à la première place avec une part de marché de 22%. 

Sur le plan financier, la valorisation du groupe a été multipliée par 3 en quelques mois. Son chiffre d’affaires se situe aux alentours de 50 milliards de dirhams par an et ses bénéfices avoisinent les cinq milliards de dirhams. 

Ce qui est remarquable c’est que ces investissements ont profité à hauteur de 62% aux entreprises marocaines, permettant de développer l’ingénierie nationale et de créer 8400 emplois stables. 

Le nouveau programme d’investissement affiche des ambitions encore plus grandes. La capacité de production passera à 15 millions de tonnes, pour les engrais et ce dès 2021, ce qui signifie la probable captation de 25% du marché. 

L’OCP développe les engrais customisés parce que c’est la niche qui se développe le plus rapidement. L’université Mohammed VI polytechnique, se révèle être un grand atout dans ce domaine. 

L’exposé de Mustapha Terrab exhaustif, documenté, a permis aux élus de mieux saisir les enjeux de l’OCP et la vision de son management. C’est l’objectif constitutionnel de ces auditions.