RNI et USFP : L’avers et le revers

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Dans le magma volcanique de la scène politique nationale, le coté nickel du congrès du RNI fait presque tache. A Bouznika, la vénérable USFP qui a connu de meilleurs jours sous d’autres directions, s’empêtrait un peu plus dans ses problèmes et ses dissidences

Simultanément deux partis ont tenu à la fin de la semaine dernière leurs congrès. Le RNI à El Jadida et l’USFP à Bouznika. Dans l’ancienne Mazagan, Aziz Akhennouch a poursuivi le parcours qu’il a entamé au lendemain des législatives d’octobre 2017 où l’on a vu le parti fondé par Ahmed Osman en 1978 subir la pire défaite de son histoire. C’est dire que le richissime homme d’affaires s’est penché sur un parti en lambeaux et condamné à terme à disparaitre du paysage politique. Pour l’instant, il a fait un parcours sans fautes. A Bouznika, la vénérable USFP qui a connu de meilleurs jours sous d’autres directions, s’empêtrait un peu plus dans ses problèmes et ses dissidences après la déroute historique du 7 octobre dernier aux élections législatives. Charivari et ce qui devait advenir advint. Driss Lachgar, en homme d’appareil rompu à la liquidation de toute opposition, a été reconduit à la tête du parti. Du coup l’USFP semble bien partie, sauf miracle, pour ne plus exister. En pareil moment, peut-on s’empêcher d’avoir une pensée pour son leader historique, Abdarrahim Bouabid qui doit se retourner dans sa tombe.

A l’Istiqlal, la situation n’est guère plus reluisante. La mère de toutes les formations politiques marocaines est bien lancée dans une guerre fratricide sans merci. On verra ce qu’il en sera après le congrès reporté et dont personne ne connait la date. Le Mouvement Populaire est entrée lui dans une douce léthargie qui l’épargne pour le moment des remous actuels tandis que l’Union Constitutionnelle s’est accroché à la roue du RNI en attendant de trancher pour savoir si son avenir est dans une fusion totale avec le parti de Aziz Akhennouch ou non. Au PJD, on cuve encore le départ de la tête du gouvernement de Abdalilah Benkirane et son remplacement par Saâdeddine El Othmani qui attend dans l’appréhension le congrès de sa formation. Dans ce magma volcanique, le coté nickel du congrès du RNI fait presque tâche. Son nouveau président a réussi à tenir les délais et à mener sans anicroche son grand conclave d’El Jadida. Mais le plus dur reste à faire : Donner à son parti une âme et une assise populaire. Aziz Akhennouch a bien imprimé dans son discours une inflexion social-démocrate au programme du RNI, mais suffira-t-elle à transformer un parti fondé sur les notabilités locales et les technocrates de l’Etat et des milieux d’affaires ? L’impression qu’il dégage aujourd’hui est qu’il en faut un peu plus pour le décourager. Avant même que le congrès ne clôt ses travaux, il annonçait la couleur de ce que sera son futur proche. Un bâton de pèlerin à la main et un discours offensif. Il sait que le paysage politique a profondément changé et que les méthodes qui ont fait du RNI, à un moment lointain très lointain, le premier parti du Maroc ne sont plus bien en cour. Son challenge est de faire avec et de  faire du RNI un parti qui a pignon sur rue.