Un accès de fièvre !

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La campagne contre le Maroc, notamment, que mène Bruno Lemaire, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, pour la relocalisation des usines Renault et Peugeot en France fait désordre dans les relations bilatérales d’exception entre les deux pays. Ces deux projets de co-développement sont l’exemple type de rapports construits sur des intérêts réciproques bien compris — au-delà bien sûr de l’automobile — et sur une forme de symétrie dans les relations que le Maroc et l’Afrique d’une manière générale apprécient, désormais, particulièrement. 

Les pères fondateurs de la relation franco-marocaine avaient une profondeur de vue, une vision stratégique singulière et une vision de l’avenir partagé. La réalité est là, concrète et impérieuse, pour valider ce qui n’était peut-être au début qu’une intuition et qui s’avère être, aujourd’hui, une donnée géostratégique irréfragable. M. Lemaire, on ne se sort pas d’une mauvaise passe politique avec ça ! Comme on ne fait pas une campagne politicienne avec ça ! Et comme on ne calme pas les ardeurs revendicatives légitimes du peuple français en antagonisant un pays ami comme le Maroc ! Chez nous, cela fait très longtemps que l’on a compris. 

Dès que vous sortez Aminatou Haidar — l'icône de la trahison — de sa boîte pour l’exhiber sous notre nez par le truchement de votre agence officielle AFP, nous comprenons que les choses ne marchent pas comme vous le voulez ! Par ailleurs, le choix de l’opérateur TGV de la ligne Marrakech-Agadir ne peut pas être un motif suffisant pour une brouille. Il est des gestes de souveraineté que l’amitié ne peut annuler ! La présence du Maroc en Afrique — visible, substantielle et multidimensionnelle — ne devrait pas chagriner, inutilement, M. Jean Yves Le Drian, ministre français bougon de l’Europe et des Affaires étrangères, qui forme, peut-être, le vœu de relancer une France-Afrique chère à M. Jacques Foccart.

L’Afrique a changé, le Maroc a changé également. Les opinions publiques sont plus alertes. Les sociétés civiles y sont plus matures. La démocratie progresse quoique l’on dise. Les États reprennent en main leur destin. Les populations sont de plus en plus impatientes. Ce n’est pas en faisant, avec de regrettables pertes, les équilibristes au Sahel que l’on peut sécuriser cet espace. Et ce n’est pas en laissant une soi-disant puissance régionale faire des expérimentations avec la sécurité de tous que l'on va réussir. Ce n'est pas, non plus, en tournant le dos à des partenaires sérieux en matière de sécurité que l'on va, au final, y arriver. La relation entre le Maroc et la France passe, de temps en temps, par des séquences d’incompréhension liées à la violence des défis relevés. Les deux pays arrivent toujours à les dépasser. Il vaut mieux s’y atteler tout de suite. Le temps n'est donné à personne pour lambiner sur le chemin.