Un gouvernement avant le sommet de l’Union africaine prévu à la mi- janvier ?

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Benkirane continue sa valse-hésitation concernant la non participation du parti fondé par Allal Al Fassi -et détruit par Hamid Chabat- dans un jeu de yo-yo qui donne le tournis

Retour au statu quo ? Ceux qui croyaient que la crise de l’Istiqlal allait précipiter la formation du gouvernement que Abdelilah Benkirane peine à constituer depuis 3 mois ont tout faux. Le chef de gouvernement désigné continue sa valse-hésitation concernant la non participation du parti fondé par Allal Al Fassi -et détruit par Hamid Chabat- dans un jeu de yo-yo qui donne le tournis au personnel politique.

Avant de prendre une décision définitive, le chef de gouvernement désigné -il a déjà reçu un rappel à l’ordre royal via deux conseillers du Roi quant au retard pris pour la constitution de l’Exécutif- dit attendre le communiqué final du conseil national extraordinaire de l’Istiqlal. Les istiqlaliens ont fini par rendre public le texte sanctionnant les travaux d’un conseil national ubuesque. Hamid Chabat reste, accepte de ne pas participer au prochain gouvernement et délègue une (infime) partie de ses prérogatives à un trio de fidèles : Soussi, Bouamar Tighouane et Hamdi Ould Rchid. Ces trois membres du comité exécutif, chargés de mener les négociations avec Abdelilah Benkirane en lieu et place de Hamid Chabat, ont d’ailleurs pris langue dès dimanche avec le chef de gouvernement au domicile duquel ils se sont rendus. Si rien n’a encore filtré sur la teneur de cette rencontre, un proche du premier ministre croit savoir que « la non participation de l’Istiqlal au gouvernement est une décision sans appel ». « En l’état, une participation de l’Istiqlal qui va en congrès en mars est inenvisageable », martèle notre interlocuteur.

« Ce qui n’a pas empêché Benkirane de continuer de prendre tout son temps et de ne pas trancher. Il dit maintenant attendre les décisions qui seront prises par le secrétariat général de son parti. On a l’impression qu’il s’est de nouveau mis la corde au cou et qu’il est dans l’incapacité de trancher. La capacité de nuisance d’un Chabat hors du gouvernement est aussi importante qu’à l’intérieur. C’est hors du parti qu’il doit être ! » s’exclame ce ténor de la majorité sortante.

Au rassemblement national des indépendants, ce lundi 2 janvier 2017 on affiche une sérénité à toute épreuve. Le nouveau président du parti, Aziz Akhennouch, a réuni autour de lui trois autres partis. En plus de l’Union constitutionnelle, le Mouvement populaire et l’Union socialiste des forces populaires font bloc avec le RNI. « Même si la coordination est informelle et que l’USFP entretient le mystère et l'ambiguïté autour de sa participation et de ses alliances, l’idée est d’y aller à quatre. D’ailleurs, nous soutenons la candidature de Habib El Malki à la présidence de la chambre des députés », a affirmé au Quid un cacique du parti de la colombe.

La thèse d’une USFP au gouvernement est loin d’être acquise dans les rangs du PJD. Selon nos informations, le chef de gouvernement désigné ne serait pas disposé à ne pas embarquer l’Istiqlal dans sa majorité gouvernementale tout en prenant dans ses bagages les ittihadis. « Il y a de fortes chances que l’USFP fasse les frais du deal », commente cette figure de la majorité sortante qui fait le pari du retour aux affaires de la majorité sortante, soit le PJD, le PPS, le RNI, le MP voire l’UC.

Des sources proches d’une majorité gouvernementale en devenir font savoir que le compte à rebours a commencé. Le gouvernement serait formé très vite. Le président de la chambre des députés devrait être lui aussi élu dans les prochains jours donnant le « la » de la majorité gouvernementale. Une date butoir s’est d’ores et déjà invitée au débat. « Un Exécutif ainsi que les nouvelles structures parlementaires devraient voir le jour avant le 20 janvier, date du début des travaux de la 26ème session ordinaire du sommet de l’Union Africaine qui doit se prononcer sur le retour du Maroc au sein de cette instance », conclut ce ministre toujours en exercice.