Fès : Youssou Ndour, une randonnée dans les rythmes de son ‘’Afrique vivante’’

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Fès - Le petit prince de la médina dakaroise, Youssou Ndour, a transporté, jeudi soir, le public du 25-ème festival des musiques sacrées de Fès dans un voyage aux confins de cette ’’Afrique vivante’’ à laquelle il ‘’croit fortement’’.

Le public a apprécié et dansé, le temps d'un concert, aux rythmes des sonorités et des chants de cet artiste, considéré comme l'une des plus belles voix d’Afrique. Youssou Ndour, dont les concerts sont à la fois joviaux et exceptionnels, a su séduire son public marocain, en interprétant quelques-unes de ses chansons les plus inspirantes dans une fête musicale purement africaine.

‘’C'est toujours un grand moment de se retrouver dans ce lieu imprégné de spiritualité’’, a-t-il déclaré, lors d'un point de presse en marge des répétitions, se disant ‘’très content’’ de participer une nouvelle fois au festival des musiques sacrées de Fès, une ville que ‘’la grande partie des Sénégalais cherche à visiter parce qu’elle abrite la mausolée de Cheikh Ahmed Tijan’’.

La science musicale de Youssou Ndour, ancrée dans celle de sa mère, Ndèye Sokhna

Dans son concert, Youssou Ndour a su transmettre à ses fans cette matrice qui est l'Afrique, dont il écoute les sons, les humeurs, les succès. Pour lui, c'est ‘’un continent vivant, toujours en mouvement’’.

Dans l’Afrique de Youssou Ndour, la modernité est une question de lignée, cette chaîne fait naître et mourir, nourrir et recréer. Et pourtant, Youssou Ndour n’a jamais caché l’importance qu’il attachait à relier le passé à l’avenir. Si Dakar est une capitale on-line, si la Medina a pris le virage de l’électro, les griots, les confréries soufies et l’islam éclairé, ont toujours, et peut-être encore plus aujourd’hui, leur place.

La science musicale de Youssou Ndour est ancrée dans celle de sa mère, Ndèye Sokhna Mboup, griotte de tradition et dans les valeurs enseignées par la confrérie Mouride, fondée par Cheikh Ahmadou Bamba.

Artiste engagé, Youssou a lutté pour l’Afrique combattante de Nelson Mandela. Dans son dernier album ‘’History’’, il rend hommage au musicien Babatunde Olatunji né au Nigeria en 1927, mort en 2003 aux Etats-Unis, un pur yoruba autant que Youssou Ndour est à la fois sérère, toucouleur et wolof.

Affichant une étonnante précocité de carrière, Youssou Ndour, qui a commencé à chanter à 13 ans, au début des années 1970 et fondé son orchestre, le Super Etoile de Dakar en 1979, a appliqué ses envies d’exploration du passé à ses propres chansons.

Son art, au fil des années, reste l’une des plus éclatantes illustrations d’un continent qui a influencé toutes les musiques populaires américaines et européennes, du rock au jazz, du blues au rap, du hip-hop au gospel. Comme artiste, homme engagé et maintenant acteur politique dans son propre pays, il a gagné une légitimité maintenant planétaire.

Toutefois, Youssou, lui-même enfant d’une autre médina, reste avant tout un artiste populaire. Ses concerts toujours emprunts d’une grande jovialité et d’une grande maitrise artistique sont bien l’expression d’une Afrique intimement liée à ses racines.

Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, le 25-è festival des musiques sacrées (14-22 juin) est organisé sous le thème '’Fès, à la confluence des cultures’’.