Hicham Lahlou : « le Maroc et l’Afrique du Sud sont les deux seuls hubs du design en Afrique »

5437685854_d630fceaff_b-
334
Partager :

L’édition 2017 d’Africa Design Awards a été lancée le 18 mai dernier et sera clôturée le 21 juin prochain. Pour en savoir plus, le Quid est allé à la rencontre de Hicham Lahlou, fondateur des Africa Design Awards.

Qui êtes-vous et comment vous avez eu l’idée de créer les Africa Design Awards ?

Je suis designer à l’international depuis 22 ans. J’ai fait une formation d’architecte d’intérieur. J’ai fondé les Africa Design Awards  et les Africa Design Days en 2014. Nous avons lancé les Africa Design Days en Libreville lors du Forum Africa alors que j’étais l’invité d’honneur.

Les Africa Design Days ont été lancé en 2015 au Maroc. Deux grandes expositions étaient organisées à la villa des arts de Rabat et de Casablanca et on a fait des conférences durant une matinée avec de grandes personnalités du design africain. Nous avions aussi invité des intellectuels qui ont parlé des aspects littérature, philosophique, scientifique ainsi que de l’aspect recherche du design. En 2016 nous avons organisé les Africa Design Award mais les Africa Design Days dans une autre formule.

En 2015 nous avions organisé les Africa Design Days au Paris Design Week où on avait été à l’honneur. Nous sommes souvent sollicités et invités mais malheureusement faute de moyens et de soutien nous ne pouvons pas y aller et c’est un projet que je porte à titre altruiste. C’est à but non lucratif. C’est par patriotisme et par amour de l’Afrique puisque c’est un continent que j’aime profondément et dans lequel je voyage depuis 2003. Je connais le talent africain donc quand j’ai eu l’idée de créer cette plateforme panafricaine et à portée internationale. C’était pour faire interagir le Maroc avec son continent et faire prendre conscience qu’ensemble, avec une vision de coopération  sud-sud on peut créer des synergies et  le faire aussi dans les métiers et dans la communauté, d’une manière générale, du design.

Vous avez dit ne pas être suffisamment suivi au Maroc au cours de ces événements. Comment expliquez- vous cette indifférence ?

Je crois que c’est par méconnaissance ou par incompréhension. Ils pensent que le design est réduit à un domaine particulier. Ils ne pensent pas au design d’une manière globale et de l’importance qu’il a dans l’économie, dans les industries créatives, dans les stratégies d’entreprise et de pays même. Parce que quand on parle du made in Italy par exemple c’est du design. L’année dernière j’ai été nommé représentant officiel de l’organisation mondiale du design au Maroc pour l’Afrique et plus précisément pour l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’ouest. Le Maroc a été choisi comme territoire du design dans le monde, ce n’est pas rien et j’en suis très fier en tant que Marocain et africain. Il a été également été reconnu comme étant le nouveau hub du design en Afrique. Aujourd’hui les deux seuls hubs reconnus sont l’Afrique du Sud et le Maroc.

Aujourd’hui nous avons une agence web qui nous soutient et qui a refait les nouveaux sites, nous avons une agence digitale qui a aussi l’amitié de nous soutenir et nous avons aussi une agence de presse. Beaucoup nous soutiennent, comme Menara Holding, l’OCP, la RAM, l’AMCI, l’AMDI, la maison de l’artisan, le ministère des affaires étrangéres, le ministère de l’industrie. Il y a des grandes entités qui sont là et qui ont compris la teneur et l’importance de cette démarche.

Ayant voyagé dans beaucoup de pays africains, quel est, selon vous, le pays qui a le plus de similitudes avec le Maroc en matière de design ?

On interagit tous les uns avec les autres. Le Maroc était avant un grand empire et il arrivait jusqu’à ce qu’on appelait le fleuve Sénégal. Notre civilisation a toujours été le Sud qui vient vers le Nord. Donc nous avons nos racines africaines et dans notre culture, il y a beaucoup de choses qui viennent de l’Afrique. A travers mes voyages je remarque beaucoup de ressemblances dans l’artisanat ou dans l’architecture par exemple.

Quelle comparaison faites-vous entre l’Afrique du Sud et le Maroc en matière d’avancées dans le domaine du design étant donné qu’ils sont les deux seuls hubs reconnus ?

L’Afrique du Sud s’est positionnée avec des politiques incitatives par rapport à différents conférences, différents événements et différentes sensibilisations qui ont permis d’arriver en 2014 à ce que le World Design Organization donne tous les deux ans un label comme la coupe du monde qui est le Capital World Design. Ce forum a pour but d’interagir avec le monde. On ne peut pas dire que l’Afrique du Sud nous dépasse au niveau du design parce qu’elle fait la promotion de certains pays d’Afrique. Elle interagit avec son continent et fait sa promotion comme nous, nous le faisons aussi. Nous sommes dans une démarche qui nous est propre et nous avons notre domaine d’excellence qui fait que nous sommes aujourd’hui en avance sur d’autres pays et même à l’étranger pas uniquement en Afrique.

Nous voulons que l’Africa Design Days devienne un outil économique, culturel et de diplomatie parallèle.

En tant qu’un des pionniers en Afrique dans le milieu du design, quels conseils donneriez-vous aux jeunes designers ?

Je leur dis de participer à Africa Design Awards parce qu’il y a de grands présidents d’honneur. Il y a le président  de la World Design Organization, il y a Marva Griffin qui est l’une des personnalités les plus influentes dans le monde, fondatrice du Salone Satellite du Salon del Mobile. Elle a contribué à faire connaitre beaucoup de stars dans le design mondial. Nous avons comme présidents du jury, le président de l’IF Awards qui est l’un des plus grands prix de design au monde, ainsi que des personnalités africaines influentes. Il y a aussi beaucoup de jeunes qui viennent de démarrer leurs start up, d’autres qui sont étudiants.