Le Maroc, invité d’honneur au Salon international du livre du Caire

5437685854_d630fceaff_b-
1700
Partager :

Le Maroc prendra part à la prochaine édition du Salon international du livre du Caire en tant qu’invité d’honneur avec un programme « sans précédent » dans l’histoire de ce rendez-vous culturel, a déclaré Haytham El Haj Ali, président de l’autorité générale égyptienne du livre, partie organisatrice du salon.

Après avoir qualifié de « très fort » le programme concocté par le Maroc, le responsable égyptien a noté que les programmes des pays invités d’honneur des précédentes éditions se limitaient à une dizaine de conférences. Ce programme de la participation marocaine à cette 48ème édition est « une véritable valeur ajoutée » à l’ordre du jour global du salon, a-t-il souligné.

El Haj Ali a relevé qu’une soixantaine de personnalités marocaines seront réparties sur les différents espaces et stands du salon, notant que des espaces principaux, comme la salle mise à la disposition de l’invité d’honneur et celles qui abriteront « la rencontre culturelle », le « café culturel » et le « forum de la création » ont été réservés aux activités programmées par le royaume, outre la participation aux principales activités et conférences prévues par les organisateurs et l’accueil des invités marocains (poètes, écrivais, artistes, …).

Le président a, d’autre part, souligné que la célébration de la culture marocaine ne se limite pas uniquement au salon, mais elle est fêtée le long de l’année en Egypte, expliquant que les liens culturels entre les deux pays ne sont pas uniquement historiques et séculaires, mais également organiques. « Le Maroc et les marocains sont toujours les bienvenus en Egypte, tout comme nous ressentons que nous sommes les bienvenus au royaume du Maroc », a-t-il dit.

Quelques obstacles à surmonter…

Toutefois, il a reconnu que la communication culturelle entre les deux pays en dehors du salon est confrontée à certains obstacles, notamment en ce qui concerne la distribution du livre marocain et égyptien aussi bien au Maroc qu’en Egypte, expliquant que ces entraves se manifestent essentiellement dans le coût des frais de transport et douaniers des livres.

En vue de surmonter ces obstacles, le responsable égyptien a notamment suggéré la mise en place d’une commission technique mixte qui veillera en particulier à sélectionner des ouvrages marocains à éditer et distribuer en Egypte et des livres égyptiens à éditer et distribuer au Maroc, outre la publication simultanée de revues dans les deux pays.

Il a estimé, dans ce sens, que ce projet sera de nature à épargner aux deux parties d’énormes efforts en matière d’embarquement et de douanes, car consistant uniquement en l’envoi d’un fichier électronique de l’ouvrage, prêt à l’impression vers l’Egypte ou vers le Maroc, se disant en faveur de la consolidation de la coopération dans le domaine de l’impression, la distribution et l’édition du livre.

Des innovations pour cette 48ème édition

Le président de l’autorité générale égyptienne du Livre a, par ailleurs, relevé au sujet des nouveautés de la 48ème édition du Salon International du Livre du Caire, que la participation d'intellectuels marocains éminents donnera à cet événement éclectique une valeur ajoutée sûre.

Il a poursuivi que le Salon a opté, pour la première fois de son histoire, pour un poète dans le choix de la personnalité de l'année, en l'occurrence Salah Abd Essabour, tout en faisant de la question des « jeunes et la culture de l’avenir », son thème principal.

Sur le plan artistique, l’accent est mis sur les créations des jeunes, leur musique, théâtre, arts plastiques juvéniles, outre la programmation d’activités dans le cadre de la rencontre de créativité des jeunes poètes issus des universités et l’aménagement dans le cadre de ce Salon d’un espace consacré aux enfants.

Il a affirmé que 36 pays issus du monde arabe, de l’Afrique, de l’Europe, de l’Asie ainsi que de l’Amérique Latine, participeront à ce Salon.

L’inflation des prix en Egypte impactera-t-il sur les prix du livre?

Par ailleurs, El Haj Ali a réfuté les informations diffusées par certains médias avançant l’augmentation des frais de location des espaces d’exposition, notant que ces prix n’ont pas subi de changement comparativement à l'année dernière dans l’optique de permettre la promotion de l’industrie de l’édition et du livre.

Concernant l’impact de l’augmentation des prix de façon générale en Egypte sur le pouvoir d’achat et sur les ventes des livres lors de ce Salon, le responsable égyptien a estimé que « le prix du livre sera forcément impacté. Il s’agit bel et bien d’une crise qui touche l’édition-papier partout dans le monde ».

Il s’est aussi félicité de l’existence d’un nombre conséquent de livres et de publications chez les départements gouvernementaux, dont les prix n’ont pas subi de changement, ce qui n’aura pas un impact lourd.

Un pavillon de 110 m2 pour le Maroc

Dans le cadre des préparatifs pour la participation du Maroc à ce Salon, le ministère de la culture a mis en place un pavillon officiel, étalé sur une superficie de 110 m2, dans lequel sera exposé un riche patrimoine documentaire relevant de plusieurs institutions gouvernementales, instances et instituts marocains, dont le département de la Culture.

Seront représentés également le ministère des Habous et des Affaires islamiques, le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME), le Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH), l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), la Rabita Mohammadia des Ouléma, l’Agence pour la Promotion et le Développement Economique et Social des provinces du sud, l’Union des Ecrivains du Maroc (UEM), l’Institut des Etudes Africaines, l’Institut des Etudes Sahraouies, la faculté des lettres de Rabat et la faculté des lettres de Ben M’Sik Casablanca.

Aussi, un pavillon de 100 m2 dédié à la vente sera-t-il mis à la disposition des éditeurs marocains ayant bénéficié de la subvention du ministère de la Culture.