Le ministre de l’éducation à l’Académie du Royaume : Discours à l’occasion des trente ans de l’OIB

5437685854_d630fceaff_b-
439
Partager :

L’Académie du Royaume du Maroc, en partenariat avec l’Ambassade de France, célèbre les trente ans de la première promotion de bacheliers Option Internationale au Baccalauréat franco-marocaine. Le ministre de l’éducation nationale Said Amzazi a prononcé une allocution à l’occasion de cette journée d’étude. Ci-dessous, un extrait.

« Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de vous exprimer tout mon plaisir de contribuer, au sein de notre prestigieuse Académie du Royaume, à cette journée organisée à l’occasion du 30ème anniversaire de l’Option Internationale du Baccalauréat sous le thème : de l’Arabe et du Français, comme ambition en partage.

Et il faut bien reconnaître que cette journée d’étude, consacrée à l’enseignement bilingue et plus globalement à la question des langues dans l’enseignement, est plutôt d’actualité puisque, comme vous le savez, la politique linguistique proposée par la loi cadre de notre système éducatif national qui est en passe d’être votée au parlement est devenu LE débat sociétal par excellence de ces derniers mois, cela n’aura échappé à personne.

Cela dit, l’effervescence et le déchainement des passions qui entourent ce débat sont dans l’ordre des choses, car nous sommes tous conscients que les langues ne sont pas de simples outils de communication ou d’apprentissage mais portent en elles toute une part de culture, d’identité et d’histoire qui les rendent d’autant plus attachantes. Chaque langue est un patrimoine pour ceux qui la pratiquent.

Et il ne fait aucun doute que c’est ce noble constat qui a présidé à l’instauration de l’option OIB dans les écoles de l’AEFE, une expérience qui a d’ailleurs débuté au Maroc, pour notre plus grande fierté, car aujourd’hui l’OIB est considérée comme une véritable filière d’excellence.

3 C’est ainsi que tous les natifs marocains inscrits dans un établissement Français au Maroc, en intégrant l’OIB, sont assurés d’acquérir non seulement un parfait bilinguisme, mais aussi une connaissance et un rattachement à leur culture marocaine. Une approche qui est également promue au sein des autres établissements étrangers implantés au Maroc, notamment espagnols et américains.

 Les élèves marocains évoluent de cette façon au sein d’un écosystème éducatif biculturel équilibré, propice à une construction sereine et cohérente de leur identité propre et de leur système de valeurs, tout en bénéficiant d’un système d’enseignement étranger qu’ils ont délibérément choisi pour son excellence et son ouverture sur le monde.

 Mieux encore, ils quittent finalement le lycée en maîtrisant 3 langues, puisque l‘anglais reste obligatoire dans la section OIB, un atout de taille quand on sait à quel point le plurilinguisme est prisé par les universités et par le marché de l‘emploi.

Aujourd’hui, à l’occasion de ce 30ème anniversaire de l’OIB qui nous réunit, nous sommes plus que jamais conscients que c’est l’excellence de la coopération entre le Maroc et la France qui a constitué le terreau fertile sur lequel s’est développée l’expérience réussie de l’OIB.

 Le Ministère de l’éducation met à disposition des écoles du réseau de l’AEFE plus de 200 enseignants d’arabe qui travaillent dans une parfaite symbiose avec leurs collègues français, afin de mettre en place les meilleures conditions d’apprentissages pour les élèves dans le cadre de l’OIB. (…)

Mesdames et Messieurs, Parler de l’excellence d’un parcours comme celui de l’OIB revient à faire l’éloge du bilinguisme, et aussi du multilinguisme.

 Il y a un proverbe africain qui dit : « Un homme qui parle une langue vaut un homme; un homme qui parle deux langues vaut deux hommes; un homme qui en parle trois vaut toute l'humanité ».

Déjà en 1999, l’UNESCO adoptait lors de sa Conférence générale, une résolution qui prônait l’emploi d’au moins 3 langues dans un système éducatif, partant du principe que seule une éducation multilingue est en mesure de répondre aux exigences de la participation à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale, et aux besoins spécifiques des communautés.

Celle-ci recommandait également l’usage de la langue maternelle, tout en assurant l’acquisition de langues utilisées dans des zones plus larges du pays et à l’échelle mondiale.

Ce ne sont pas les études qui manquent, pour démontrer les bienfaits du plurilinguisme et qui vont bien au-delà de la simple sphère linguistique…. Il est clairement établi aujourd’hui que ces bienfaits se manifestent par une plus grande souplesse cognitive, une meilleure mémoire de travail, une plus grande aptitude à résoudre les problèmes, et des fonctions exécutives nettement plus performantes, comme la capacité d’alternance entre les taches par exemple.

 Sur un tout autre plan, est-il encore besoin de rappeler le formidable atout que constitue pour un étudiant la maîtrise de plusieurs langues dans ce monde de plus en plus globalisé et face à un marché de l’emploi dont les standards s’internationalisent de jour en jour ?

Aujourd’hui, près des 2/3 de la population mondiale parle deux langues, et une personne sur 5 parlerait 3 langues. Etre bilingue n’est plus un atout, c’est devenu un simple pré-requis dans le monde de l’emploi. » (…)