Salem Kouindi, un militant du théâtre à l’école au même titre que les mathématiques et la grammaire

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Safi - chercheur et critique d’art, Salem Kouindi, qui vient de se voir confier  la 2ème édition du Festival national des amateurs du théâtre à Safi, est aussi un homme de théâtre et un dramaturge qui ne cesse d’appeler à l’intégration de l’art théâtral dans l’enseignement marocain.

Artiste, qui a milité au sein du Comité national du théâtre scolaire en faveur de cette cause qu’il fait sienne, il est l’une des grandes figures qui ont fondé et contribué à la promotion du théâtre scolaire au Maroc.

Salem Kouindi est fermement convaincu que le théâtre est aussi nécessaire et utile pour l’épanouissement et l’éducation de l’enfant que les Mathématiques, les sciences de l’Histoire et de la Géographie et l’apprentissage des langues.

‘Le théâtre est à lui seul "une école et une autre vie", qui apprend aux élèves, hommes de demain, l’amour du Beau et stimule l’imagination à travers notamment le jeu dramatique.

Ce natif de Casablanca, qui a obtenu un diplôme de premier cycle universitaire (filière philosophie) de l’université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, en plus d’un diplôme du Centre de formation des inspecteurs de l'enseignement de Rabat, raconte comment "le père des Arts" est un art complexe qui se sert et intègre plusieurs autres Arts tels que la peinture, la danse, la chanson, la musique, bref tout ce qui peut faire d’un enfant un être dotée d’une culture éclectique et "équilibrée" aux niveaux social, psychologique et mental.

Le théâtre, plaide-t-il, permet à l’enfant de développer la confiance en soi, mieux interagir avec le monde qui l’entoure ou encore transcender ses émotions cependant que le jeu théâtral permet à l’enfant de s’affirmer. 

Malheureusement, déplore-t-il, même à l’Institut supérieur d’Art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), on n’accorde pas au "Théâtre de l’enfant" l’importance qu’il faudrait. Ce genre n’est pas encore considéré comme une discipline à part entière dans lequel les futurs lauréats doivent être formés.

Homme de théâtre dont les écrits touchent aussi bien à la nouvelle qu'au théâtre et à la sociologie de l’éducation et de l’enseignement, le théâtre constitue pour lui l’espace par excellence de promotion et de diffusion de la culture de la paix, du juste milieu et du rejet de la culture de l’extrémisme et de la violence à une époque où les jeunes sont confrontés à tous genres de tentations.

Pour Dr. Ibrahim Hanai, ami intime de Salem Kouindi, cet artiste est un lecteur grand consommateur des livres, n’hésitant pas à se faufiler dans la première librairie avant d’en sortir les mains pleines d'ouvrages de tous genres et heureux de ce "butin" de savoirs et de connaissances.

Salem Kouindi est tout d’abord un intellectuel et un érudit insatiable de lecture, source de la vraie connaissance et non un consommateur des "recettes googliennes fastfodiennes", qui sont devenues, dans les temps actuels, une habitude et une manie des "petits esprits", qui cèdent à la paresse et à la facilité, poursuit Dr. Hanai.

Les critiques d’art lui reconnaissent son rôle important dans la formation d’hommes de théâtre (à la fois amateurs et professionnels) en tant que prélude essentiel pour hisser le niveau du théâtre national et le rapprocher d’un large public.

Il appelle les artistes marocains à travailler encore plus sur le côté esthétique et poétique des œuvres dramaturgiques et à accompagner les nouveautés et mutations apparues dans la société et au niveau mondial, mettant l’accent sur la nécessité de traduire dans notre théâtre, cette diversité et cette richesse culturelle qui caractérise le Maroc.

Membre de l’Union des écrivains du Maroc depuis 1976, cet artiste a fondé la section locale de cette union à Safi.

Salem Kouindi a travaillé en tant qu’inspecteur de langue arabe. Il a commencé par publier ses articles dans le journal "Al Alam" et travaillé en tant que directeur de rédaction de la revue "Al Mokadima" et la revue du théâtre scolaire.

Ce dramaturge marocain a aussi contribué à la recherche théâtrale et à la critique artistique, en publiant des études sur l’Aita et Abidat Rma.

Il a également écrit des nouvelles et des pièces de théâtre telles que "le ciel", "l’apostasie", "al Majdoub", "Samson et Dalila", "l’histoire de l’homme simple" et "Kharboucha". Actuellement il consacre entièrement sa vie à la recherche théâtrale.