Vernissage ; ''Sidi Harazem, une oasis moderne''

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Rabat - Le vernissage de l'exposition "Sidi Harazem, une oasis moderne" qui met à la fois en exergue un joyau du patrimoine moderne marocain construit par Jean-François Zevaco et une réhabilitation exceptionnelle en Afrique du Nord, a eu lieu jeudi à la galerie de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) à Rabat.

Cette exposition, consacrée à la réhabilitation par l'architecte Aziza Chaouni de la station thermale de Sidi Harazem, met en avant toute la richesse architecturale, humaine et naturelle de ce site d’exception grâce à un parcours chronologique retraçant le passé, le présent et le futur de l’oasis.

À cet itinéraire historique vient s'ajouter une série de photographies, d'installations sonores et d'entretiens filmés réalisée par Zineb Andress Arraki, Abdellah Assak, Laila Hida, et M’hammed Kilito dans le cadre d'une résidence d’artiste effectuée une première fois en juillet 2018 puis en mai 2019. Ainsi, ces jeunes talents se sont immergés dans la vie de la station, pour tenter de traduire le regard que pose la jeune génération d’artistes marocains sur cet héritage.

Dans une déclaration à la MAP à cette occasion, Mme Aziza Chaouni, co-commissaire de l'exposition et professeur d'architecture à Toronto, a relevé que l'exposition revient sur le processus de réhabilitation de la station thermale de Zevaco qui a été construite entre 1960 et 1975 et qui a été commandité par la CDG en 1959, en tant que premier projet de la Caisse et plus grand complexe d'infrastructure publique du Maroc indépendant.

Il s'agit d'un chef d'oeuvre de l'architecture moderne qui reflète la culture marocaine de l'indépendance, une période où le Maroc a utilisé un langage moderne tout en restant fidèle à ses traditions, a fait savoir Mme Chaouni, expliquant que la modernité est exprimée à travers le langage du béton et l'intégration de motifs architecturaux.

De son côté, Lucie Hoffboer, historienne de l'art et de l'architecture et co-commisaire de l'exposition, a relevé que l'architecture moderniste est très présente au Maroc, "il s'agit d'un patrimoine unique au monde".

L'architecture doit être intégrée dans ces sites et doit répondre à l'identité d'un sol et d'un peuple, a-t-elle ajouté, notant que c'est pour cette raison que Zevaco a construit une œuvre imminemment marocaine grâce au vocabulaire du béton brute, utilisé à Sidi Harazem et dans de nombreux autres bâtiments de Zevaco, dans le dessein de contrecarrer l'architecture dite "néo mauresque" qui était notamment utilisée par l'administration coloniale.

"Il s'agit donc de défendre la véritable architecture marocaine moderne qui est celle du béton brute et qui a pris naissance à Agadir", a souligné Mme Hoffboer.

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj, a, quant à lui, fait observer que l'exposition retrace l'histoire de Sidi Harazem depuis les années soixante en tant que site historique et culturel, tout en jetant les jalons d'une nouvelle approche visant à impulser une dynamique nouvelle à ce site.

Le projet de réhabilitation est mené en collaboration avec la Fondation CDG et la Fondation américaine Getty qui a permis de mener une étude approfondie d'aménagement et de réhabilitation en vue de redonner à ce site sa gloire d'antan.