Boussaid optimiste pour 2015

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couv-bousaid L’impact du prix de pétrole sur l’économie, la décompensation, Renault Tanger ou encore la régionalisation avancée… décryptage de Mohamed Boussaid sur la situation économique du pays en ce début d’année Sans conséquences sur l'économie et les affaires... C'est ce que pense le ministre marocain de l'Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd de la brouille diplomatique qui a marqué les relations franco-marocaines depuis un an. A l'occasion de sa participation au  Forum franco-africain "Pour une croissance partagée" à Paris, Mohamed Boussaïd, ministre de l'Economie et des Finances a fait un point sur la situation économique du royaume dont la croissance devrait accélérer cette année. Au passage, selon lui, la brouille diplomatique d'un an entre le Maroc et la France qui s'est achevée par la rencontre ce 9 février entre le roi Mohammed VI et François Hollande à l'Elysée n'a pas eu de répercussions négatives sur les relations économiques entre les deux pays. Interrogé par le site d’information français L’usine Nouvelle, Boussaid ne cache pas son satisfecit en ce début d’année quant aux effets escomptés du processus de décompensation.  En effet, avec la baisse actuelle du prix du baril de pétrole, l’impact n’est pas négligeable sur l’économie du pays. « La baisse du prix du baril a effectivement des effets positifs. Elle va avoir un impact extrêmement important sur le compte courant de la balance des paiements, sur la compétitivité du pays et celle des entreprises et sur le pouvoir d'achat du consommateur marocain », explique le ministre. Cependant, cette même baisse a aussi des effets négatifs dans le sens où elle provoque un manque à gagner des recettes fiscales de l'ordre de 3 milliards de DH. Pour le ministre, il est vrai que le Maroc va perdre une partie des recettes exonérées par la TVA à l'importation des produits pétroliers parce que cette TVA est indexée sur les prix du baril de pétrole. Il reste cependant encore un produit compensé qui est le gaz butane et sur lequel les prix sont en train de baisser. Ces mesures permettront de compenser le manque à gagner sur le plan des recettes fiscales. Autre sujet, la montée en puissance de Renault Tanger vient en 2014 de faire de l'automobile le premier secteur d'exportation du Maroc, ce qui est inédit. Malgré ce succès, le secteur de l'automobile reste peu intégré ou encore cantonné à la fabrication de produits à faible valeur ajoutée comme le câblage. Boussaid annonce d’emblée qu’aujourd’hui le taux d'intégration pour l'usine Renault Tanger est de 45%. Objectif : augmenter ce taux d'intégration à 60% à très court terme et l'améliorer rapidement, donc de 15 points.  Ceci sera possible grâce à la stratégie "d'accélération industrielle" mise en place par le ministre de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy. Celle-ci va permettre une approche du secteur par écosystème pour installer autour de l'usine Renault ou de ses grands fournisseurs un certain nombre d'unités qui produiront des composants électroniques dans le câblage, la fabrication de batteries, des pneus, des rétroviseurs, de la housse, des sièges etc... Par ailleurs, sur le plan du nouvel aménagement du territoire, Mohamed Boussaid souhaite que la réforme des régions apporte une réponse à la problématique de distribution des richesses au niveau régional. « Cette réforme s'appuie bien évidemment sur le nouveau découpage en 12 régions qui vient d'être finalisé. Elle s'appuiera également sur les instruments financiers qui vont être mis en place et notamment un Fonds de solidarité régionale », souligne le ministre. Il s'agit d'un fonds de mise à niveau des régions. Il mettra des moyens à la disposition des régions pour que celles qui sont les moins favorisées puissent rattraper leur retard à travers des mécanismes de péréquation.