CDG : Zaghnoun appelé à mettre l'entreprise sur de nouveaux rails

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couv-zghnoun La CDG a besoin aujourd'hui, plus que n'importe quel autre moment, des outils de l'intelligence économique. Lors du conseil des ministres, tenu le 29 janvier 2015 à Fès, le roi Mohamed VI a procédé à la nomination d’Abdellatif Zaghnoun au poste de directeur général de la CDG. Cette nomination met fin à une situation confuse à la tête de cette grande entreprise publique ayant subi les effets du scandale du projet immobilier « Madinat Badiss ». L'ex-directeur de la CDG Anas Alami, poursuivi dans ce scandale, cède donc son fauteuil à Zaghnoun pour se consacrer au procès qui l'attend, à côté des autres personnes poursuivi dans ce dossier, dont l'ex-directeur de la CGI Ali Ghannam et d'autres responsables de cette filiale immobilière de la CDG. Abdellatif Zaghnoun, issu de l'école  et de l'université publiques marocaines, a une expérience de haut niveau dans  l'administration, où il a occupé les postes de directeur des douanes et directeur général des impôts. Etant un ingénieur des mines, Zaghnoun a commencé sa carrière à la première entreprise publique marocaine : l'OCP,  aux sites de Bengrir et Khouribga. Contrairement à Anas Alami, qui a trouvé la CDG dans une situation stable, Zaghnoun doit affronter  une situation difficile dans cette entreprise publique et prouver sa capacité de gestionnaire en procédant à son redressement pour qu'elle continue à jouer son rôle de premier plan dans le développement du pays. Zaghnoun doit, de prime abord, sauver la CGI et lui permettre de reprendre sa place parmi les principaux acteurs du secteur immobilier, qui sont en train de s’internationaliser, ce qui passe par la réussite de sa sortie de la bourse des valeurs de Casablanca sans dégâts. Son introduction était une erreur monumentale. Il doit également rationaliser le processus de filialisation et doter l'entreprise d'une nouvelle stratégie lui permettant un redéploiement de ses investissements et ses participations et une fructification de ses dépôts et de ses fonds propres. La CDG a besoin aujourd'hui, plus que n'importe quel autre moment, des outils de l'intelligence économique. Il doit enfin veiller à ce que les règles de la bonne gouvernance soient appliquées et respectées par tous, surtout en mettant fin aux rentes au niveau des ressources humaines et des gratifications. Le parlement et la presse ont mis la CDG sous les rampes des projecteurs durant les dernières années et la cour des comptes y a fait sa première entrée. L'image de cette entreprise, créée par le gouvernement Abdellah Ibrahim pour gérer la décolonisation économique, est à redorer. La CDG est également appelé à mettre fin à son conflit avec la CNSS en trouvant un nouveau terrain d'entente pour éviter les dérapages et à s'adapter à la nouvelle situation des caisses de retraites et leur réforme en perspective. La CDG est certes une entreprise publique, mais elle est chargée de gérer l'argent du public  en premier lieu et non l'argent public. La différence est de taille. Ses fonds propres, ayant évolué au fil du temps, ne constituent toujours qu'une partie infime de son stock. La reddition des comptes, qui est aujourd'hui un principe constitutionnel et une règle de gouvernance, imposent une information fiable des citoyens parce qu'ils sont les pourvoyeurs des fonds et ont donc le droit de demander à ce qu'ils soient bien gérés et bien rémunérés. La mission de Zaghnoun ne sera pas facile. La rescapée, comme l'a appelé Mohamed Chiguer dans son livre d'histoire romancée de la CDG, doit traverser, une autre fois, la zone de tourbillon sans dangers.