Economie : Le Maroc commence l’année sur un bon pied

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couv-econo FMI, prix du pétrole, récolte céréalière… : 2015 sera plus favorable. D’après la récente publication du Fonds Monétaire International (FMI) sur l’économie marocaine, l’année 2015 reflète l’opinion positive qu’a l’institution sur la gestion économique du pays. Cependant, les agrégats macro- économiques du Maroc ne sont pas pour autant reluisants : lesté par les importations de pétrole, le déficit commercial atteint 20% du PIB. Il est en partie contrebalancé par les revenus du tourisme et les transferts de la diaspora marocaine et se traduit par un déficit courant de 10% du PIB que le pays doit donc financer chaque année.  En plus de ces aspects structurels, la conjoncture n’a pas été favorable depuis 2011, avec simultanément une crise politique régionale, qui poussa le gouvernement à accorder de substantielles hausses de salaires et un ralentissement économique en Europe, principal partenaire économique du pays. Entre 2010 et 2012, la dette publique aura ainsi progressé de 10 points (à 71% du PIB) avec un déficit budgétaire atteignant 7,5% du PIB. Dans ce contexte, le Maroc pouvait perdre la notation favorable (investment grade) que lui accordent les agences internationales de notation, mais une nouvelle dynamique a permis de l’éviter : la stabilité politique remarquée du royaume et ses liens avec l’Europe et le Golfe ont fait du pays le premier récipiendaire des investissements directs étrangers (IDE) au sud de la Méditerranée depuis 2011 (hors Israël). En 2013, le Maroc ne perdit pas son rating et la gestion économique était plus prudente après la signature d’un accord avec le FMI (mise en place d’une ligne de liquidité de précaution contre des réformes fiscales et monétaires). Le gouvernement réduisit ses investissements, la masse salariale progressa à peine et une réforme vigoureuse des subventions publiques était en route. En 2014, la dette publique était stabilisée à 76% du PIB et le déficit budgétaire ramené à près de 5% du PIB. Et pour 2015 ? Quatre éléments influeront sur les performances économiques et chacun a une perspective favorable à court terme : Dans un premier temps, les analystes estiment que la croissance européenne devrait s’accélérer (de 0,9% à 1,3%), soit près de 0,2 point supplémentaire pour le Maroc.  Parallèlement, la tendance baissière dans laquelle s’est inscrit le prix du baril depuis quelques mois pèserait positivement sur la balance des paiements. En effet,  les importations de pétrole représentent 15% des importations totales, contre 27% un an plus tôt.  D’autre part, la production agricole pourrait enregistrer un record équivalent voire supérieur à celui de 2013, apportant près de 2 points de croissance supplémentaire.  Enfin, les IDE, dont les perspectives sont favorables grâce à certains projets, notamment dans l’immobilier et la santé. Dans l’ensemble, les analystes prévoient une croissance au Maroc qui gagnerait 2 points et passerait ainsi de +2,4% en 2014 à près de +4,5% en 2015. Le Maroc en figure de bon élève Dans une de ses dernières lettres hebdomadaires "Perspectives émergents", l'équipe d'analyse économique du Crédit agricole France a fait une mise à jour de la situation du  Maroc.  Plutôt en amélioration mais avec des bémols.  Selon les analystes, à moins d’un nouveau choc externe ou interne (politique ou social), les perspectives pour 2015 s’améliorent. Le Maroc fera probablement figure de bon élève régional en terme d’IDE et le risque souverain est limité par le soutien du FMI et la confiance des marchés. L’amélioration du déficit budgétaire pourrait aussi libérer des fonds pour l’investissement, réduire les délais de paiement et renforcer le BTP qui peine. La dépréciation voulue du taux de change aura aussi des effets favorables, alors que les prix du pétrole sont bas (mais attention à la situation sociale fragile en cas de rebond des prix…).